Insomnie & thérapies comportementale et cognitive (TCC)
Il existe des alternatives à la prise de somnifères. On sait aujourd’hui que des facteurs psychologiques jouent un rôle essentiel dans le developpement et le maintien des troubles du sommeil, sur lesquels il est possible de travailler en thérapie. Depuis quelques années se développent des traitements psychologique pour l’insomnie , relevant notamment des thérapies comportementales et cognitives (TCC) .
Le somnifère a pour lui d’être pratique. Il est efficace rapidement. Il constitue un traitement peu couteux. Et, il ne nécessite aucun effort. Les thérapies comportementale et cognitive présentent, il faut bien l’admettre, les inconvénients strictement inverses. Trouver des solutions, changer ses habitudes, modifier ses croyances, voir les troubles diminuer peu à peu, nécessite des efforts et une discipline autrement plus difficiles que la simple ingestion d’un comprimé. A contrario, la satisfaction n’est pas la même… Elles permettent en outre de développer des ressources adaptatives naturelles de l’individu, qui pourront être ultérieurement transposables à d’autres situations.
Les thérapies comportementale et cognitive vise à agir sur les facteurs qui favorisent le cercle vicieux de l’insomnie : les pensées, les émotions et les comportements. Aussi, la pensée "Je ne vais encore pas dormir. Je vais m’énerver et me tourner dans tous les sens pendant des heures et demain je serai crevé comme d’habitude ", peut générer des émotions telles qu’anxiété, appréhension et colère, qui ne sont évidemment pas favorables pour instaurer l’apaisement propice à l’endormissement et qui peuvent inciter à des comportements non adaptés qui vont agraver les troubles du sommeil : repousser le moment d’aller se coucher et rester jusqu’à des heures tardives devant la télévision, ou transformer son lit, devenu objet d’angoisse, en bureau, scène de loisirs ou salle à manger, ou passer un temps excessif au lit dans l’espoir de trouver le sommeil, etc.
Il est possible d’intervenir à chacun de ces niveaux (pensées/émotions/comportements) pour introduire des changements bénéfiques :
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Dédramatiser et gérer ses pensées négatives.
Aller se coucher en se disant "Il faut à tout prix que je m’endorme rapidement ce soir ", contribue à augmenter la pression. Essayer de dormir, se forcer à dormir, se concentrer pour dormir est la pire erreur que puisse faire un insomniaque, car cela accentue la vigilance. Or, s’endormir suppose au contraire de lâcher prise. Se dire "L’insomnie risque de me causer à force de sérieux ennuis au boulot " crée une inquiétude qui ne peut favoriser l’endormissement.
La manière dont est perçue et interprétée l’insomnie influence l’état émotionnel et les attitudes. Aussi, la thérapie cognitive vise à identifier ces pensées négatives, à en évaluer l’impact sur le sommeil et à les remplacer par des pensées plus adaptées, moins néfastes à l’endormissement. Les coyances sur le sommeil font également l’objet d’une réflexion, le caractère irréaliste de certaines pouvant interférer avec le sommeil.
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Gérer ses émotions et apprendre à se détendre.
L’appréhension à l’idée de ne pas dormir ou la colère face à l’insomnie, par exemple, sont des émotions négatives qui empêchent le sommeil et aggravent l’insomnie. On ne peut pas être à la fois anxieux ou colérique ET détendu. Chez certains, la simple vue du lit suscite frustration et anxiété.
Il est donc important de ne pas laisser s’installer ces émotions négatives, qui en plus d’être déplaisantes s’accompagnent généralement d’une kyrielle de manifestations psychosomatiques gênant le sommeil (accélération du rythme cardiaque, augmentation de la température, oppression respiratoire…). L’apprentissage de techniques de relaxation peut dans ce contexte être un moyen de se détendre et de favoriser l’endormissement ou le ré-endormissement.
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Modifier ses comportements et son hygiène de vie.
Travailler dans son lit, par exemple, c’est associer celui-ci à un lieu d’éveil et de stimulation intellectuelle. Cette excitation est incompatible avec le calme que nécessite le sommeil. Travailler dans son lit, n’est pas en soi un comportement à éliminer : s’il n’y a pas de troubles du sommeil… pourquoi pas ! Par contre, s’il y a troubles du sommeil, c’est une habitude sur laquelle il convient de travailler.
La thérapie comportementale vise à introduire des changements sur le plan comportemental, de façon à réduire les habitudes et styles de vie qui entretiennent le problème tout en favorisant une hygiène de vie plus équilibrée.
En général, une petite dizaine de séances hebdomadaires permettent d’obtenir de bons résultats et de constater les premières améliorations.