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Image du travail parental chez les ados

Vie privée et vie professionnelle ne sont pas étanches, créant au mieux des interférences au pire des conflits de rôles plus ou moins importants et choniques en cas de stress professionnel. Stress auquel les enfants ne sont pas insensibles.

L’Observatoire de la parentalité en entreprise (OPE), vient de publier le troisième volet de son baromètre de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, sur l’image que les adolescents français se font du travail de leurs parents. Réalisée en novembre 2009, l’étude a porté sur 500 adolescents âgés de 14 à 17 ans.

Les adolescents connaissent relativement bien l’univers professionnel de leurs parents et sont satisfaits de la place que prend leur travail dans leurs échanges avec ceux-ci : 71 % déclarent ne souhaiter parler du travail de leurs parents “ni plus souvent ni moins souvent”.

En revanche, leur vision de ce travail est plutôt négative :

  • 71 % considèrent l’activité professionnelle de leur père comme “stressante et fatigante” (53 %), voire “très dure” (18 %), tandis que 20 % la considèrent “épanouissante”.
  • 55 % considèrent l’activité professionnelle de leur mère comme “stressante et fatigante” (45 %), voire “très dure” (10 %). Ils sont 24 % à la trouver “épanouissante”.

Ce qu’ils invoquent pour justifier leur réponse rejoint les agents stressants identifiés par les professionnels du stress et de la souffrance au travail : charge de travail excessive, horaires chargés ou indéfinis, entourage professionnel antipathique, absence de reconnaissance, clientèle de plus en plus difficile, etc.

Il est à noter que parmi les adolescents qui se sont rendus sur le lieu de travail de leurs parents au cours des 12 derniers mois, un grand nombre évoque l’envie simple de partager un moment avec eux, notamment vis-à-vis de leur mère : “Pour lui faire plaisir” , “Parce qu’elle rentre tard”, “Pour aller la chercher à la fin de son travail”, “Pour le voir, car le soir il rentre souvent très tard”, “Pour l’accompagner et ne pas rester seule chez moi“, “Pour lui dire coucou“, etc., ou le besoin de leur demander un service. Traduisant aussi le vécu des adolescents et éventuellement un manque relatif à la disponibilité des parents, il est dommage que les auteurs de l’étude n’est pas procédé à une analyse de contenu exhaustive des réponses aux questions ouvertes de l’enquête.

Facteurs de stress professionnel

Il existe classiquement 4 types de stresseurs professionnels :

Stresseurs liés aux caractéristiques de la tâche :

  • Conditions de travail (bruit, température extrême, produits toxiques…)
  • Fortes contraintes temporelles
  • Horaires contraignants, imprévisibles…
  • Excès ou absence de travail
  • Tâches monotones, peu stimulantes…
  • Interruptions fréquentes
  • Objectifs irréalistes, pression
  • Manque de participation aux prises de décision
  • etc.

Stresseurs liés aux caractéristiques relationnelles :

  • Conflit de rôle, dû à des demandes contradictoires venant de différents collaborateurs
  • Ambiguïté de rôle, due à un manque de clarté dans la définition de sa mission, de ses objectifs…
  • Manque de communication
  • Indisponibilité des supérieurs
  • Rivalité entre collègues
  • Brimades, harcèlement, violence, isolement
  • Manque de considération de la part des supérieurs hiérarchiques
  • Impatience, exigences et agressivité des clients ou usagers 
  • etc.

Stresseurs liés aux caractéristiques de la carrière :

  • Début de carrière, désillusions…
  • Précarité de l’emploi
  • Absence de promotion ou de débouchés
  • Sur ou sous-qualification pour le poste
  • Manque de reconnaissance sociale
  • Evolution du monde du travail
  • Mobilité professionnelle
  • Licenciement
  • etc.

Stresseurs liés à l’interface vie professionnelle/vie privée :

  • Incompatibilité ou concurrence entre les deux rôles (au niveau du temps, des valeurs, des objectifs…)
  • Difficultés à prendre de la distance
  • Manque d’appui à la maison pour les problèmes rencontrés au travail
  • Manque de reconnaissance des problèmes personnels au travail
  • etc.

L’identification des stresseurs - et éventuellement de la famille dominante de stresseurs - auxquels on est soumis, est la première étape à laquelle s’atteler pour y faire face. On ne peut affronter convenablement que ce que l’on a un tant soit peu identifié.

Il convient ensuite de savoir dans quelle mesure ces facteurs de stress sont ou non contrôlables. Deux difficultés principales apparaissent généralement :

  1. Essayer de changer ce qui ne l’est pas. Or, cela conduit inévitablement à l’échec, la déception et l’épuisement. Appliquer des stratégies de résolution de problème sur une situation qui est partiellement ou totalement modifiable est tout à fait pertinent. En revanche, face à une situation incontrôlable, il est préférable d’appliquer des stratégies centrées sur les émotions, qui ne changeront certes rien à la situation mais permettront de prendre de la distance, de relativiser, de voir les choses différemment ou simplement de se détendre. Les techniques de gestion du stress que sont la restructuration cognitive et la relaxation s’appliquent ici.
  2. Limiter de façon excessive sa marge de manoeuvre. Imaginer que l’on n’a aucun contrôle sur la situation, c’est renoncer d’emblée à y faire face et subir. Or bien souvent, les situations sont plus contrôlables qu’on ne l’imagine, au moins en partie. S’entraîner à élargir son champ des possibles interventions permet d’augmenter son sentiment de contrôle et de se donner davantage de moyens de faire face. Les techniques de résolution de problème, d’affirmation de soi et de restructuration cognitive, notamment, permettent de developper ses habiletés.