Burnout ou épuisement professionnel
Lorsque l’activité professionnelle est source d’épuisement, d’usure, de souffrance morale et d’une altération générale de la santé, on parle de burnout ou d’épuisement professionnel . Celui-ci touche 5 à 10 % des salariés et s’observe dans tous les secteurs d’activité, quels qu’ils soient.
A l’origine, il concernait les professionnels de l’aide (travailleurs sociaux, professions médicales, enseignants, avocats…), dont l’engagement était parfois sévèrement mis à mal par la confrontation à la souffrance de l’autre. Aujourd’hui, on considère néanmoins que tous les professionnels peuvent être touchés.
Le burnout résulte d’un stress professionnel chronique. Un consensus existe pour le décrire sur la base de trois dimensions :
- L’épuisement émotionnel se caractérise par une fatigue morale et physique sur laquelle le repos n’a aucun impact. Chaque nouvelle journée de travail est vécue comme un calvaire. Le professionnel perd tout entrain et toute motivation pour son travail, qui ne lui procure plus aucune satisfaction.
- La dépersonnalisation renvoie à une attitude négative, détachée, impersonnelle et cynique, voire dans certaines formes dures, stigmatisante et maltraitante, envers les individus dont s’occupe le professionnel (patients, élèves, clients…).
Ex : Ah si je pouvais faire cours sans avoir à supporter mes élèves !
Ex : L’appendicite de la chambre 13.
Dans sa forme légère, la dépersonnalisation joue un rôle protecteur pour l’individu, en lui permettant de faire face à l’épuisement émotionnel ressenti et de s’adapter à la perte d’implication professionnelle. En mettant à distance les demandes et les besoins des bénéfiaires de l’aide, ceux-ci semblent d’emblée moins urgents.
- L’échec de l’accomplissement personnel correspond à la dévalorisation de soi en tant que professionnel : sentiment d’échec, croyance que les objectifs ne sont pas atteints, diminution du sentiment d’auto-efficacité, etc. Le professionnel est convaincu de son incompétence et de son incapacité à satisfaire son entourage, ce qui l’amène à douter de ses capacités à travailler dans ce secteur.
Le burnout démarre toujours avec l’épuisement professionnel, qui entraîne peu à peu la dépersonnalisation puis, directement ou indirectement, l’échec de l’accomplissement personnel.
L’épuisement émotionnel constitue le composant affectif du burnout, tandis que la dépersonnalisation et l’échec de l’accomplissement personnel en constituent les aspects comportementaux et cognitifs.
Le burnout a des conséquences multiples sur les plans émotionnel (angoisse, dépression…), cognitif (troubles de l’attention et de la concentration, difficulté à prendre des décisions…), professionnel (désinvestissement, perte de productivité…), comportemental (troubles du sommeil, psychotropes…), relationnel (cynisme, irritabilité, isolement…) et physiologique (hypertension, lombalgie, diabète…). En outre, les conséquences néfastes du burnout dépassent presque toujours le cadre professionnel pour atteindre la sphère privée, avec de nombreuses difficultés familiales et des divorces en cascade.