L’anxiété aux examens

Les étudiants avec un fort taux d’anxiété aux examens présentent en situation d’évaluation une diminution significative de leurs performances, par rapport à des étudiants peu anxieux. Interfèrent avec l’accomplissement optimal de la tâche toute une série d’éléments tels que : les expériences passées, les exigences personnelles, l’estime de soi, les attentes (réelles ou perçues) de la famille et des enseignants…

C’est le suicide de deux étudiants à l’approche de leurs examens qui enclencha en 1938 les premiers travaux de recherche sur le sujet, dans le but de détecter les étudiants à risque.

Entre inquiétude, pensées négatives et troubles attentionnels, l’élément central de l’anxiété aux examens est de nature cognitive :

  • la situation est perçue comme menaçante, risquée ou trop difficile
  • l’étudiant se déprécie et s’estime incompétent
  • l’étudiant anticipe l’échec et se focalise sur les conséquences négatives d’un échec
  • les troubles cognitifs s’intensifient : attention, concentration, compréhension, mémorisation, organisation de la pensée sont altérées

Une caractéristique des sujets anxieux, est que plus le temps s’écoule et que l’examen approche ou s’achève, plus les pensées négatives sont nombreuses et plus les troubles cognitifs sont importants.

Les étudiants les plus anxieux sont davantage auto-critiques et pessimistes quant à leurs performances, même si leurs résultats n’en sont pas forcément moins bons que ceux des moins anxieux. C’est l’évaluation qu’ils font d’eux-mêmes et de leurs performances qui est en jeu : Je ne vais pas y arriver ; Je vais me planter ; Je n’ai pas le niveau ; Je ne suis pas prêt ; C’est de ma faute, je n’ai pas assez travaillé ; Je vais être le mouton noir de la famille ; Je vais décevoir mon père ; Je suis trop bête pour réussir… 

Le stress naît du décalage perçu entre les exigences d’une situation et les ressources dont l’individu dispose pour y faire face. 

Les étudiants fortement anxieux se distinguent des autres par un dialogue interne plus critique et négatif, qui engendre des réactions et des comportements différents. Jusqu’à un certain degré, l’anxiété permet de se motiver, de travailler plus, de mieux s’organiser, etc., mais à partir d’un certain seuil, elle devient plus handicapante que bénéfique et altère les capacités de faire face.

Restriction de l’attention - Durant l’examen, les étudiants anxieux dirigent une bonne partie de leur attention vers eux aux dépens de la tâche à réaliser. Cela contribue à diminuer leur performance effective mais aussi à augmenter l’angoisse. 

Efficacité moindre - Comparativement aux anxieux modérés, les étudiants très anxieux présentent des différences dans leur manière d’étudier, de se préparer à un examen et de passer une épreuve. Ils ont par exemple tendance à réduire au maximum les périodes (culpabilisante et angoissante) de repos, ce qui augmente l’inefficacité. 

Deux évaluations cognitives sont en jeu : 

L’évaluation primaire - Elle renvoie à la signification de la situation d’examen pour l’individu, à son enjeu. Est-ce un défi ? Est-ce une menace ? Est-ce une perte ? Selon la réponse, l’individu se trouve en situation de prouver ou de se prouver quelque chose, d’évoluer, etc., ou se sent en danger et tente de maîtriser la situation, ou encore a subi des dommages (en termes d’estime de soi, de statut social…).

La différence entre le défi et la menace est une question de tonalité positive ou négative. Plus de 90 % des étudiants ressentent des sentiments de défi et de menace deux jours avant un examen, qui diminuent par la suite. Les sentiments de perte se manifestent à la publication des résultats, en cas d’échec ou de notes décevantes.

L’évaluation secondaire - Elle renvoie aux ressources dont dispose l’individu pour affronter la situation d’examen : aptitudes, travail fourni, connaissances acquises, soutien de l’entourage…

Les étudiants les plus anxieux présentent des évaluations primaire et secondaire plus négatives : ils amplifient les enjeux de la situation, majoritairement perçue comme menaçante, et dévaluent conjointement leurs ressources d’adaptation.

 

Toucher, pour maintenir l’implication des personnes âgées

La communication passe par de nombreux aspects non-verbaux du langage : mimiques, postures, gestuelles, intonation de la voix… ; au point que les mots ne compteraient que pour 7 % du message transmis.

De tous les vecteurs de communication, le toucher est une des sources d’influence les plus efficaces. Le fait de toucher une personne l’incite plus facilement à donner de l’argent à un passant dans la rue ou à répondre à une enquête. Un serveur obtient plus de pourboire s’il touche ses clients. Un vendeur allonge la durée passée dans le magasin et finalise plus de ventes s’il touche les consommateurs. Etc. 

Outre ces aspects, les études sur le toucher ont des applications tout à fait intéressantes en termes d’implication et de motivation. Aussi, toucher les personnes âgées augmente le respect des recommandations qui leur sont faites. 

Avec l’avancée en âge, il arrive très souvent que les personnes perdent leur entrain : l’envie de vivre est réduite, la curiosité pour le monde restreinte, l’appétit diminué, etc. Or, il est essentiel de maintenir chez la personne âgée le désir et la motivation afin de prévenir le repli sur soi et les manifestations dépressives. 

  • Une étude a ainsi montré qu’un encouragement à manger accompagné d’un contact tactile de quelques secondes de la part du personnel, permet d’augmenter le nombre de calories et de protéines absorbées spontanément par les résidants, comparativement à un seul encouragement verbal. Cet effet bénéfique perdure en outre sur plusieurs jours.
  • Dans la même idée, les personnes âgées s’impliquent également davantage dans les ateliers de travaux manuels lorsque les animateurs prennent le temps de les toucher quelques instants tout en dispensant leurs consignes.

Le toucher est un outil à utiliser avec une infinie précaution car il peut être vécu comme une intrusion de l’espace personnel et un excès de familiarité. Néanmoins, un contact chaleureux d’une ou deux secondes sur le bras ou l’épaule peut faciliter l’acceptation d’une requête.

Vous avez une plaque ?

L’autre jour, j’ai reçu un coup de fil. Un homme. Il souhaite venir en consultation avec son amie, car elle veut le quitter. Il veut savoir si je reçois les couples. Je réponds bien évidemment par l’affirmative, en précisant que c’est l’idéal de venir ensemble lorsque les deux partis sont d’accord. Je lui demande si son amie serait a priori d’accord pour venir avec lui. Il n’en est pas bien sûr.

- “Est-ce que vous avez une plaque ?

Je n’ai pas de plaque. Enfin… si, j’en ai bien une, rangée… Il y a un an, lorsqu’une collègue est venue partager mon cabinet et a installé sa propre plaque, j’en ai fait faire une. Ce n’était pas compréhensible qu’elle ait une plaque et pas moi, alors je l’ai fait faire. Mais à vrai dire, je tarde un peu à l’installer !

Ca me plaisait bien cette entrée anonyme. Les personnes qui venaient me consulter sonnaient à une simple porte. Une porte parmi d’autres, sans distinction. C’était discret et si la plupart de mes patients n’ont jamais évoqué la question, ni en bien ni en mal, quelques-uns m’ont dit apprécier.

Bref, je reviens à mon coup de téléphone.

Il y a donc la plaque de ma collègue et je le lui dit. Mais la question me surprend et je lui demande le pourquoi de cette question.

- “J’aurais pu l’amener sans qu’elle sache où elle allait. Sans plaque, elle ne l’aurait su qu’au dernier moment, une fois en face de vous“.

Certes ! J’ai souris intérieurement. Et, elle aurait sans doute apprécié le piège ! Tournée de talons et claquement de porte en perspective… Pas étonnant qu’elle veuille le quitter. Ca, je ne l’ai évidemment pas dit à mon interlocuteur. Le premier contact par téléphone est parfois l’occasion d’une première intervention thérapeutique. Comme j’avais un peu de temps devant moi, j’ai pris le temps de lui expliquer deux ou trois choses.

Le coût du stress au travail

 Selon une étude de l’INRS (Institut National de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles), le coût du stress professionnel représenterait 2 à 3 milliards d’euros par an en France.

Le stress coûte cher ; pas uniquement pour les personnes qui le subissent, mais aussi pour les entreprises et la société :

  • pour les individus, le coût est humain, il s’exprime en terme d’accidents, de maladies et de souffrances physique et morale ;

      25 % des salariés français signalent des problèmes de santé liés au stress professionnel selon la DARES. La proportion de dépressions attribuables au stress professionnel est élevé : 8 à 14 % chez les hommes et 9 à 13 % chez les femmes.

  • pour les entreprises, il s’exprime en termes d’absentéisme, voire d’instabilité professionnelle (changement de poste, démission), ou plus simplement de baisse de productivité et de qualité des produits ou services, d’accidents, de procès ou actions en justice, etc. ;

      28 % des salariés déclarent se mettre en arrêt maladie pour excès de stress, selon une enquête du Journal du net. En moyenne, les français prennent 9 jours par an, soit un des taux les plus élevés d’Europe. 27 % des salariés changent d’entreprise et 12 % changent de poste, en cas de stress excessif.

  • pour la société, il s’exprime en termes de médicaments et de soins.

L’étude de l’INRS intègre dans son analyse les dépenses de soins, l’absentéisme, les cessations prématurées d’activités (invalidités, dispenses d’activité au-déla de 50 ans) et les décès (maladies, suicides).

La dépression fait partie des conséquences les plus fréquemment étudiées du stress au travail. A titre d’exemple, celle-ci coûte chaque année :  

En millions d’euros

Hommes

Femmes

Soins de santé

26 à 45

56 à 80

Absentéisme

235 à 416

502 à 720

Cessation d’activités

253 à 448

294 à 422

Décès prématurés

96 à 169

38 à 54

Malgré tout l’intérêt de ce genre d’études, trop rares, il convient de préciser qu’il s’agit d’une estimation a minima. En effet, 

  1. L’étude ne prend en compte q’un certain type de stress : le “job strain“, c’est-à-dire des situations associant une forte pression et une faible autonomie. Sont donc exclus des stresseurs tels que l’absence de soutien social ou de reconnaissance. A titre indicatif, le “job strain” représente moins d’1/3 des situations stressantes au travail. 
  2. L’étude se limite à la prise en compte de quelques pathologies : maladies cardio-vasculaires, dépression et troubles musculo-squelettiques, ignorant les maladies immunitaires et allergiques ou les désordes hormonaux. Elle ne prend pas davantage en compte des notions telles que la souffrance morale et la perte de bien-être.

Troisième exercice de relaxation (musculaire)

 La relaxation musculaire est une technique de détente corporelle basée sur la contraction-décontraction progressive de différents muscles. Le principe de base a été décrit par Jacobson.

 L’exercice que je vous propose s’intéresse à la partie supérieure du corps (visage, nuque, épaules) : une zone qui subit de fréquentes tensions et douleurs… Chaque étape peut être réalisée 1 à 3 fois selon le temps disponible. Chaque contraction musculaire se fait en inspirant, chaque repositionnement du corps se fait en expirant, et la durée de la contraction se passe en respirant normalement.

- Installez-vous confortablement (fauteuil, chaise…) dans un endroit calme et fermez les yeux.

- Basculez doucement la tête en avant, en inspirant. Maintenez la position quelques secondes (5 secondes) tout en respirant normalement, et en vous concentrant sur la tension musculaire dans votre nuque. Ramenez ensuite la tête dans l’axe du corps, en expirant. Restez ainsi quelques secondes (10-15 secondes) et prenez bien conscience de la détente qui s’opère dans les fibres musculaires de votre nuque. Répétez éventuellement 2 à 3 fois l’exercice.

- Basculer encore plus doucement et sans aller trop loin la tête en arrière. Maintenez la position quelques secondes (5 secondes) tout en respirant normalement, et en vous concentrant sur la tension musculaire dans votre cou. Ramenez ensuite la tête dans l’axe du corps, en expirant. Restez ainsi quelques secondes (10-15 secondes) et prenez bien conscience de la détente qui s’opère dans votre cou. Répétez éventuellement 2 à 3 fois l’exercice.

- Basculer la tête à gauche…

- Basculer la tête à droite…

- Lever les épaules…

- Lever les sourcils…

- Froncer les sourcils…

- Froncer le nez…

- Sourire jusqu’aux oreilles…

- Lever les épaules…

- Prenez bien conscience de l’état de détente, du relâchement de vos muscles et restez quelques secondes à respirer tranquillement, sans bouger. Puis bouger très lentement les doigts de vos mains, vos bras, vos orteils, vos jambes, etc., étirez-vous doucement, avant d’ouvrir les yeux et de vous lever pour reprendre vos activités. 

Note : Concentrez-vous bien sur les sensations liées à la contraction/décontraction des muscles. Isolez bien les muscles : vos yeux ne se plissent pas lorsque vous froncez le nez, et inversement, par exemple.

- 1er exercice : relaxation respiratoire

- 2ème exercice : respiration ventrale

Image du travail parental chez les ados

Vie privée et vie professionnelle ne sont pas étanches, créant au mieux des interférences au pire des conflits de rôles plus ou moins importants et choniques en cas de stress professionnel. Stress auquel les enfants ne sont pas insensibles.

L’Observatoire de la parentalité en entreprise (OPE), vient de publier le troisième volet de son baromètre de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, sur l’image que les adolescents français se font du travail de leurs parents. Réalisée en novembre 2009, l’étude a porté sur 500 adolescents âgés de 14 à 17 ans.

Les adolescents connaissent relativement bien l’univers professionnel de leurs parents et sont satisfaits de la place que prend leur travail dans leurs échanges avec ceux-ci : 71 % déclarent ne souhaiter parler du travail de leurs parents “ni plus souvent ni moins souvent”.

En revanche, leur vision de ce travail est plutôt négative :

  • 71 % considèrent l’activité professionnelle de leur père comme “stressante et fatigante” (53 %), voire “très dure” (18 %), tandis que 20 % la considèrent “épanouissante”.
  • 55 % considèrent l’activité professionnelle de leur mère comme “stressante et fatigante” (45 %), voire “très dure” (10 %). Ils sont 24 % à la trouver “épanouissante”.

Ce qu’ils invoquent pour justifier leur réponse rejoint les agents stressants identifiés par les professionnels du stress et de la souffrance au travail : charge de travail excessive, horaires chargés ou indéfinis, entourage professionnel antipathique, absence de reconnaissance, clientèle de plus en plus difficile, etc.

Il est à noter que parmi les adolescents qui se sont rendus sur le lieu de travail de leurs parents au cours des 12 derniers mois, un grand nombre évoque l’envie simple de partager un moment avec eux, notamment vis-à-vis de leur mère : “Pour lui faire plaisir” , “Parce qu’elle rentre tard”, “Pour aller la chercher à la fin de son travail”, “Pour le voir, car le soir il rentre souvent très tard”, “Pour l’accompagner et ne pas rester seule chez moi“, “Pour lui dire coucou“, etc., ou le besoin de leur demander un service. Traduisant aussi le vécu des adolescents et éventuellement un manque relatif à la disponibilité des parents, il est dommage que les auteurs de l’étude n’est pas procédé à une analyse de contenu exhaustive des réponses aux questions ouvertes de l’enquête.

Facteurs de stress professionnel

Il existe classiquement 4 types de stresseurs professionnels :

Stresseurs liés aux caractéristiques de la tâche :

  • Conditions de travail (bruit, température extrême, produits toxiques…)
  • Fortes contraintes temporelles
  • Horaires contraignants, imprévisibles…
  • Excès ou absence de travail
  • Tâches monotones, peu stimulantes…
  • Interruptions fréquentes
  • Objectifs irréalistes, pression
  • Manque de participation aux prises de décision
  • etc.

Stresseurs liés aux caractéristiques relationnelles :

  • Conflit de rôle, dû à des demandes contradictoires venant de différents collaborateurs
  • Ambiguïté de rôle, due à un manque de clarté dans la définition de sa mission, de ses objectifs…
  • Manque de communication
  • Indisponibilité des supérieurs
  • Rivalité entre collègues
  • Brimades, harcèlement, violence, isolement
  • Manque de considération de la part des supérieurs hiérarchiques
  • Impatience, exigences et agressivité des clients ou usagers 
  • etc.

Stresseurs liés aux caractéristiques de la carrière :

  • Début de carrière, désillusions…
  • Précarité de l’emploi
  • Absence de promotion ou de débouchés
  • Sur ou sous-qualification pour le poste
  • Manque de reconnaissance sociale
  • Evolution du monde du travail
  • Mobilité professionnelle
  • Licenciement
  • etc.

Stresseurs liés à l’interface vie professionnelle/vie privée :

  • Incompatibilité ou concurrence entre les deux rôles (au niveau du temps, des valeurs, des objectifs…)
  • Difficultés à prendre de la distance
  • Manque d’appui à la maison pour les problèmes rencontrés au travail
  • Manque de reconnaissance des problèmes personnels au travail
  • etc.

L’identification des stresseurs - et éventuellement de la famille dominante de stresseurs - auxquels on est soumis, est la première étape à laquelle s’atteler pour y faire face. On ne peut affronter convenablement que ce que l’on a un tant soit peu identifié.

Il convient ensuite de savoir dans quelle mesure ces facteurs de stress sont ou non contrôlables. Deux difficultés principales apparaissent généralement :

  1. Essayer de changer ce qui ne l’est pas. Or, cela conduit inévitablement à l’échec, la déception et l’épuisement. Appliquer des stratégies de résolution de problème sur une situation qui est partiellement ou totalement modifiable est tout à fait pertinent. En revanche, face à une situation incontrôlable, il est préférable d’appliquer des stratégies centrées sur les émotions, qui ne changeront certes rien à la situation mais permettront de prendre de la distance, de relativiser, de voir les choses différemment ou simplement de se détendre. Les techniques de gestion du stress que sont la restructuration cognitive et la relaxation s’appliquent ici.
  2. Limiter de façon excessive sa marge de manoeuvre. Imaginer que l’on n’a aucun contrôle sur la situation, c’est renoncer d’emblée à y faire face et subir. Or bien souvent, les situations sont plus contrôlables qu’on ne l’imagine, au moins en partie. S’entraîner à élargir son champ des possibles interventions permet d’augmenter son sentiment de contrôle et de se donner davantage de moyens de faire face. Les techniques de résolution de problème, d’affirmation de soi et de restructuration cognitive, notamment, permettent de developper ses habiletés.

Couple en partage

Bien des conflits de couple sont liés à l’a priori selon lequel il faut tout partager. Les couples récemment formés ont cette tendance à tout vouloir faire ensemble : on prend un peu de distance avec les amies que l’on voyait toutes les semaines, pour rester avec son compagnon ; on revend sa moto, pour ne pas inquiéter son épouse ; on accompagne sa femme tous les dimanches chez ses parents avec le petit ; etc. C’est se mettre dans des situations invivables, qui finissent toujours par générer des frustrations et des conflits.

Découvrir les centres d’intérêt de son ou sa partenaire est une bonne chose, faire connaissance avec ses amis et ses parents aussi. C’est un moment privilégié de découverte de l’autre et de soi-même, tout à fait naturel et enrichissant.

Mais renoncer à une activité pratiquée depuis des années, parce que votre conjoint la voit d’un mauvais oeil, ou renoncer à cette soirée mensuelle entre amis autour d’une pizza qui ryhtme votre vie depuis la fac parce que votre amie n’a pas envie de vous accompagner et que vous auriez l’impression de la trahir en la laissant seule, ne peut que poser un jour des difficultés de couple.  

L’amour ne consiste pas à tout partager. Dans un couple, l’équilibre est atteint si :

  • on fait des choses ensemble
  • on fait des choses pour l’autre
  • on fait des choses pour soi 

Vous aimez les petits films d’art et d’essai ? Votre mari déteste ?  Il aime les grosses productions ? Vous détesté ? Pourquoi vous traîner mutuellement dans des expériences qui gâchent le plaisir de tout le monde, même de celui qui aime, parce l’ennui, voire l’attitude grogron, de l’autre est finalement plus un poids qu’autre chose ?

- Faites-vous une soirée cinéma, chacun de votre côté ! Et retrouvez-vous à l’issue de la séance pour partager votre plaisir respectif dans un bistrot autour d’un bon café. Ce n’est pas conventionnel, mais il y a l’essentiel : le partage avec l’autre du plaisir pris à voir ce film.

- Signalez à votre mari que le film qu’il voulait voir sort en avant-première et laissez-le aller le voir seul ou avec ses amis. Là encore, il y a l’essentiel : vous êtes totalement hermétique à ce qui peut tant lui plaire dans ce genre de films, mais vous avez envie de lui faire plaisir en lui permettant de ne pas le rater. 

Il est essentiel d’accorder à l’autre le plaisir de faire ces choses qui lui plaisent tant. Il l’est tout autant de lui épargner ces choses qui vous plaisent tant et qui l’assomment profondément.

Vous allez tous les dimanches avec votre épouse et votre fille chez vos beaux-parents. Votre épouse en a envie ? Bien. Et vous ? Non, bien sûr. Vous avez d’ailleurs une idée précise de comment vous pourriez utiliser ce temps précieux et aller voir vos beaux-parents, que par ailleurs vous adorez, une fois par mois, par exemple. Mais vous n’osez pas le dire. Vous avez peur de blesser. Dommage…. car votre épouse n’ose pas non plus vous dire que de temps en temps elle aimerait profiter seule de ses parents et retrouver un peu l’intimité qu’elle partageait avec eux avant de vous connaître.

Dans un couple on ne peut pas toujours avoir envie des mêmes choses. Et même s’il y a beaucoup de points communs, on ne peut pas avoir toujours envie des mêmes choses aux mêmes moments. Ce n’est pas trahir son conjoint que de faire quelque chose seul. C’est se respecter. Respecter ses centres d’intérêt, ses envies, ses passions, etc. C’est respecter l’autre aussi, en ne lui imposant pas (ou en ne le laissant pas s’imposer de lui-même) quelque chose dont il n’a pas envie. Le partage peut venir autrement, sur d’autres choses.

 

 

Personnalité borderline

La personnalité borderline est un trouble psychique reconnu des professionnels depuis seulement 1980. Cette pathologie affecte 2 % de la population générale, avec un décalage important entre les deux sexes puisque 75 % des personnes qui en souffrent sont des femmes.

La symptomatologie constitue un ensemble complexe où domine une humeur particulièrement instable, oscillant entre colère et désespoir. Excessivement sensibles, les personnalités borderline ressentent les émotions avec une telle intensité qu’elles en deviennent difficilement gérables. La moindre contrariété pourra les mettre dans une colère noire, envers les autres ou envers elles-mêmes. Une phrase malheureuse, un reproche anodin, un oubli synonyme de désamour prennent rapidement des allures tragiques. Cela les conduit à une instabilité, voire à une impulsivité, générant des changements brutaux sur les plans familial, amical et professionnel. Lorsque la colère retombe, une humeur dépressive la remplace où se mêlent tristesse, ennui et vide existentiel. Ces personnes ont une vision floue d’elles-mêmes, de leurs goûts, de leurs idées, de leurs valeurs, de leurs besoins…  Elles ont le sentiment de fonctionner comme une véritable girouette, changeant d’avis au gré des interlocuteurs ou des situations, et se demandant continuellement “Qui suis-je ?”. Vis-à-vis de leurs proches, elles sont dans une attente d’attention et d’amour envahissante et une crainte perpétuelle d’être abandonnées. Les mises à l’épreuve visant à vérifier la solidité des liens sont récurrentes et éprouvantes pour la stabilité des relations. Tristes et angoissées, elles ne se sentent pas à la hauteur des attentes de leur entourage. Les idées de mort sont fréquentes, au point que leur taux de suicide est le plus élevé des troubles de la personnalité. Des comportements auto-dommageables peuvent parallèlement se mettre en place, tels que des scarifications ou des mises en danger (dépenses excessives, relations sexuelles dangereuses, crises de boulimie, etc.)

Plus globalement, la personnalité borderline se caractérise par des perturbations sur les plans cognitif, émotionnel et comportemental :

  • sur le plan cognitif : instabilité de l’image de soi ; difficulté à anticiper les conséquences de leurs actes ; instabilité du jugement sur autrui avec une alternance entre l’idéalisation et la dévalorisation ; attitude de victimisation et pensées persécutoires.
  • sur le plan émotionnel : humeur labile et instabilité émotionnelle ; colères intenses ; ennui profond et sentiment de vide existentiel.
  • sur le plan comportemental : instabilité des relations ; conduites impulsives ; gestes d’automutilation et suicidaires.

Outre les traitements pharmacologiques, c’est sur ces trois points d’accroche que se base une thérapie des troubles borderline : une meilleure gestion des émotions, une revalorisation de l’image de soi et l’apprentisage d’une communication plus efficiente et enrichissante.

“T’es vraiment comme ta mère, hein !”

Il existe différents degrés de critique dans un couple. Plus elles touchent à ce qui fonde l’identité même de la personne, plus elles sont blessantes, augmentent les risques d’escalade verbale et rendent les réconciliations laborieuses.

Critique de niveau 1 : centrée sur le comportement

  • Tu es en retard
  • Tu me coupes la parole
  • Tu as laissé traîner tes chaussettes sales

Critique de niveau 2 : centrée sur le comportement, mais amplifiée et généralisée

  • Tu es encore en retard, comme d’habitude. Je me demande bien pourquoi je m’étonne.
  • Tu me coupes continuellement la parole, c’est toujours pareil.
  • Misère ! T’as encore fait ça n’importe comment.

Critique de niveau 3 : centrée sur la personne, avec jugement de valeur négatif 

  • T’es vraiment nul !
  • Quelle geignarde.
  • Ce que tu peux être mesquine, alors.

Critique de niveau 4 : centrée sur la relation

  • Ce n’est plus possible, je ne peux pas compter sur toi.
  • Si j’avais su, je ne t’aurais jamais épousé.
  • Je te préviens, si le week-end prochain tu refuses encore de faire l’amour, je te quitte.

Critique de niveau 5 : centrée sur la famille ou les origines sociales, avec jugement de valeur négatif

  • T’es vraiment comme ta mère. Toujours à te lamenter.
  • Je comprends mieux pourquoi ton ex s’est barré.
  • C’est sûr que c’est pas tes parents qui risquaient de t’apprendre ça !

 

Si vous voulez exaspérer votre conjoint, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Si en revanche, vous souhaitez que vos critiques portent sans mettre en danger votre relation et susciter des conflits ouverts ou larvés, préférez les critiques centrées sur le comportement. Une critique objective et précise, ne mettant pas en cause l’individu, aura toujours plus de change d’être entendue et de donner l’envie à votre conjoint de rectifier le tir pour vous faire plaisir. Les attaques personnelles sont blessantes et donnent souvent pour seul résultat une contre-attaque improductive.