Soutien social et santé

Le soutien social, plus encore que le réseau social lui-même, est un puissant modérateur du stress. Il joue en outre un rôle fondamental sur la santé ; les études témoignent des effets bénéfiques du soutien social sur la santé physique mais surtout mentale.

On sait depuis une trentaine d’années que la solitude a des effets préjudiciables sur la santé physique ; le soutien social est associé à des taux moindres de morbidité et de mortalité. Une des toutes premières études épidémiologiques sur le sujet a porté sur la relation entre soutien social et taux de survie sur 9 années. Elle indique que le fait de vivre seul et d’être peu entouré sur un plan familial ou amical multiplie en moyenne par 2,5 le risque de décès toutes causes confondues, notamment chez les sujets les plus âgés, et par 3,5 le risque de mortalité coronarienne. Chez les malades eux-mêmes, cardiopathes, cancéreux, lombalgiques, etc., un soutien social adapté est associé à une évolution plus favorable de la maladie.

Il en est de même sur le plan psychologique, le lien entre soutien social et santé mentale étant encore mieux établi. Il existe une corrélation négative entre le soutien social et divers troubles psychiques, tels que l’anxiété, la dépression, les tentatives de suicide, etc., ces troubles étant d’autant plus fréquents que le soutien social perçu est faible. La dépression post-partum, par exemple, est d’autant plus intense que le réseau social et le soutien spécifique du père de l’enfant sont réduits. Face à un événement de vie majeur, le risque de développer un état dépressif est multiplié par 10 pour les femmes qui n’ont trouvé personne à qui confier leur détresse. 

Les cinq événements les plus stressants selon l’une des échelles de stress les plus connues (Holmes et Rahe, 1967) sont d’ailleurs de nature sociale et relatifs à la rupture de liens : mort du conjoint, divorce, séparation conjugale, période de prison et décès d’un parent proche. La rupture de liens familiaux et amicaux importants est liée à des problèmes ultérieurs de santé. Au début du 19ème siècle, lorsque les prisons mirent en place le système pennsylvanien qui supprimait tout contact entre les détenus, les maladies psychosomatiques explosèrent. A la fin de la deuxième guerre mondiale, les travaux de Spitz sur l’hospitalisme décrivent le retard de développement moteur et mental des nourrissons abandonnés et placés en hospice.

Les liens sociaux sont sources d’équilibre et d’adaptation plus importants. Ils renforcent les ressources perçues comme le sentiment de contrôle ou l’estime de soi, ils favorisent la mise en oeuvre de stratégies de faire face plus efficientes, ils réduisent l’affectivité négative, telle que la détresse morale ou l’angoisse, avec pour effet indirect d’optimiser les systèmes neuro-endocrinien et immunitaire.

Réseau social et soutien social

Le soutien social est un puissant modérateur de stress. La présence d’un véritable réseau social joue un rôle protecteur : un individu isolé socialement présente un risque accru de morbidité et de mortalité.

Le réseau social n’a pas besoin d’être très étendu, la qualité l’emporte sur la quantité. L’existence de liens sociaux ne suffit pas à les rendre bénéfiques pour autant. On peut être parfaitement intégré socialement, côtoyer des collègues chaque jour et s’investir dans une association, sans pour autant avoir ce lien intime protecteur avec une personne significative. Etre marié(e) ne garantit en rien non plus sa présence ; la relation de couple pouvant être le lieu de conflits, mésententes, violences, etc.

 Le soutien social s’exprime de quatre façons différentes :

  • le soutien émotionnel : correspond à des conduites d’affection, d’écoute et de réconfort essentielles qui vont aider la personne à traverser des moments difficiles.
  • le soutien d’estime : correspond à des conduites de réassurance sur la valeur, les qualités et les ressources de la personne, qui vont l’aider à renforcer sa confiance en soi face à une situation dont elle craint qu’elle n’excède ses capacités.
  • le soutien matériel : correspond à des conduites d’aide concrète, matérielle ou financière, comme un service ou un prêt d’argent.
  • le soutien informatif : correspond à des conduites de transmission d’informations, de conseils, de suggestions, qui vont aider la personne à mieux gérer la situation en accroissant ses connaissances, en lui permettant d’accéder à un point de vue différent du sien, etc.

Des quatre, c’est le soutien émotionnel qui joue le rôle le plus important en gestion du stress et de l’anxiété. Néanmoins, l’efficience de ces soutiens dépend aussi de leur adéquation au contexte. Généralement, face à la maladie, le soutien informatif est davantage attendu d’un professionnel et le soutien émotionnel davantage apprécié lorsqu’il vient d’un proche.   

Mais au final, ce n’est ni le réseau social ni le soutien social reçu qui vont jouer un rôle mais le ressenti du destinataire du soutien : le soutien perçu. On peut recevoir de manière effective du soutien de son entourage, mais si on le trouve inapproprié ou trop superficiel, voire si on ne le perçoit tout simplement pas, on n’en tire pas tout le bénéfice attendu. Les études montrent une corrélation très modérée entre les indicateurs objectifs de soutien et les mesures du soutien social perçu. Se sentir soutenu suppose donc de percevoir une certaine disponibilité d’autrui, mais encore que cette dernière réponde à des attentes et besoins.

La psychanalyse : une place à part (injustifiée) dans les thérapies

 La psychanalyse dispose d’une place à part dans le champ de la psychothérapie. 

Prenons les pages jaunes. On y trouve la section psychiatres, la section psychologues, la section psychothérapeutes… et la section psychanalystes ! Pourquoi ? Pourquoi n’y a -il pas une section pour les psychothérapeutes sytémiciens, une section pour les psychothérapeutes cognitivo-comportementalistes, une section pour les art-thérapeutes, et ainsi de suite ? 

Qu’ont-ils de plus pour avoir leur section à eux ? La psychanalyse n’est qu’une thérapie parmi d’autres, à côté de la thérapie systémique, de la thérapie cognitivo-comportementale, de l’art-thérapie, de la gestalt-thérapie, etc. Des thérapies, il en existe des dizaines. Pourquoi eux ? 

Prenons les textes officiels. Idem ! Ils ont leur petite place réservée, à part. Dans le très récent et controversé décret sur l’usage du titre de psychothérapeute, ils ont leurs conditions d’accès spécifiques, à coté des psychiatres, des médecins et des psychologues. Où sont les systémiciens, les gestaltistes, etc. ? A quel titre, cette distinction ? 

Il existe aujourd’hui un master en psychanalyse. Soit ! Pourquoi pas. Le problème est que dans l’hypothèse où s’ouvrirait un master en thérapie cognitivo-comportementale, les diplômés n’auraient pas les mêmes droit d’accès au titre de psychothérapeute…, par exemple. Pourquoi ? 

Pas parce que la psychanalyse est plus efficace que les autres formes de psychothérapies, en tout cas. Non. Ca se saurait (voir à ce sujet le rapport de ‘INSERM sur l’efficacité des psychothérapies). Parce que les psychanalystes sont nombreux (notamment en France) et qu’ils sont puissants ! Voilà tout.

Qualité de vie des aidants familiaux des malades d’Alzheimer

Le malade n’est pas seul touché par ce fléau qu’est la maladie d’Alzheimer. Elle retentit également de façon considérable sur la vie de l’entourage. A domicile, l’aidant naturel qui les prend en charge est le plus souvent le conjoint (43 %) ou un enfant (48 %). Leur rôle primordial dans l’accompagnement du malade en fait aussi très souvent un fardeau, par le retentissement psychologique et physique qu’il implique.

Une étude rend compte d’un taux de prévalence de la dépression chez les aidants familiaux de près de 55 % (Patrelle & al., 2001). Il est intéressant de noter que cette dépression n’est pas corrélée à l’altération cognitive du malade, mais bien davantage à sa perte d’autonomie dans les actes de la vie quotidienne et à ses troubles du comportement.

La dépressivité des aidants hommes et femmes n’est par ailleurs pas associée aux mêmes facteurs. Chez les femmes, la dépression est davantage corrélée à une altération cognitive spécifique (capacité de rappel) et à une perte d’autonomie au quotidien du malade. Chez les hommes, elle est davantage corrélée à un faible temps de répit et de distraction et à un faible soutien des professionnels. Les facteurs sont relatifs aux malades pour les femmes et relatifs à eux-mêmes pour les hommes.

On note parmi les troubles du comportement associés à la dépression de l’aidant : avoir peur le soir quand la nuit tombe ; s’opposer aux soins ; le changement de personnalité ; l’anxiété et la peur ; ne plus reconnaître ses proches ; ne pas tenir en place ; être incapable de se détendre ou de se reposer ; formuler sans arrêt demandes et critiques ; les manifestations de rage, violence ou agressivité ; crier ou pleurer ; être passif, ne rien faire ou peu.

C’est la question de la vie au jour le jour avec le malade qui est en jeu. Entre les soins, les repas, la surveillance, la stimulation intellectuelle, l’inquiétude pour l’avenir, la démotivation grandissante du malade, etc., c’est d’un manque de temps libre et de disponibilité au quotidien dont se plaignent le plus les aidants (Etude Paquid, 2002). 70 % des époux et 50 % des enfants consacrent plus de 6 heures par jour au malade, ce qui implique souvent de revoir son organisation professionnelle ou son temps de travail. Ils sont envahis.

La prise en charge d’un malade à domicile a des répercussions très nettes sur la santé de l’aidant. Ils sont 22 % à reculer, voire renoncer, à un rendez-vous médical ou une hospitalisation, pour eux, faute de temps. 36 % des conjoints consomment des somnifères et 34 % de tranquilisants, contre 18 % et 24 % chez les enfants. Malgré son utilité, le recours à un psychologue est exceptionnel, faute de temps pour soi, toujours. Ce sont généralement les consultations médicales pour le malade qui sont l’occasion de parler de ses propres difficultés.

Il faut être très vigilant à cet épuisement, pour le couple aidant-aidé. Car fatigué, l’aidant va peu à peu diminuer la qualité de son accompagnement : il va moins bien réagir, s’emporter plus facilement, être plus agressif, moins disponible…, ce qui déstabilisera encore davantage le malade, et accentuera encore l’épuisement en retour, dans une effet de cercle vicieux.

Il est primordial pour les aidant de mettre des limites à leur engagement auprès des malades, et ce, sans excès de culpabilité. Accepter de se faire aider, préserver sa vie sociale et affective, s’accorder du temps pour soi, en termes de répit, de soin, mais aussi simplement de loisirs, sont des bases essentielles pour se protéger.

Titre de psychothérapeute : les psychologues sont vraiment les dindons de la farce !

 Revenons un peu en arrière. En 2004 paraît une loi relative à l’usage du titre de psychothérapeute. Faute de décret, elle n’était jusque là pas appliquée. Le titre de psychothérapeute n’était donc pas protégé et n’importe qui pouvait poser sa plaque du jour au lendemain sans autre formalité. 

Au contraire du titre de psychothérapeute, ceux de psychiatre et de psychologue sont eux protégés depuis des années :

  • Pour être psychiatre, il convient de posséder un doctorat en médecine, auquel s’ajoute une spécialisation en psychiatrie.
  • Pour être psychologue, il convient de posséder non seulement un master mais également un cursus complet en psychologie, soit 5 ans d’études dans cette discipline.

 Parallèlement, jusqu’au décret du 20 mai dernier, pour être psychothérapeute, il n’y avait donc besoin de rien. Je ne prêtant pas que tous les psychothérapeutes n’ont aucun diplôme ni aucune formation, bien au contraire. Mais le titre n’étant pas protégé, on peut honnêtement imaginer qu’il a été utilisé de façon abusive. C’est justement pour lutter contre ces abus que la loi de 2004 a vu le jour. Elle visait à protéger les personnes. 

Pendant 6 ans, les guerres intestines entre les différents professionnels et leurs représentants : universitaires, médecins, psychologues, psychanalystes et psychothérapeutes - ont fait avorter tous les projets de décret.

 Aujourd’hui, le décret est enfin paru et il est franchement en défaveur des psychologues, s’ils veulent faire usage du titre de psychothérapeute !

Selon qu’un psychologue est clinicien ou non, il devra compléter sa formation initiale de 150 à 300h de théorie et de 2 à 5 mois de stage. Je n’ai rien contre le principe d’un complément de formation, tant il est vrai que l’université forme peu à la thérapie dans ses aspects les plus concrets. Mais il faudrait que ce complément de formation soit « juste ».

- Les psychiatres, qui sont encore moins formés que nous à la thérapie durant leur formation initiale sont purement et simplement dispensés de formation complémentaire et de stage. Les médecins, non psychiatres, n’auront eux que 200h et 2 mois de stage à faire pour être psychothérapeutes.

- Plus choquant encore, les psychanalystes, qui ont fait une cure à titre personnel et ont suivi une formation non universitaire d’une société psychanalytique qui les a agréés, n’ont que 200h et 2 mois de stage à faire. Et, ceux qui travaillent aujourd’hui comme psychothérapeutes sans pouvoir prétendre aux seuls titres protégés de psychiatre ou psychologue, n’ont que 400h et 5 mois de stage à faire, soit à peine plus qu’un psychologue (notamment non clinicien). 

Dès lors, que valent nos 5 ans d’études (assortis de stages) en psychologie, pour Mesdames Bachelot, Pécresse, Penchard et Messieurs Fillon et Hortefeux, signataires de ce décret ? La réponse est claire : pas grand-chose !

Mais lorsque l’on sait que la plupart des psychiatres sont aussi psychanalystes, on comprend mieux certaines choses. Lorsque l’on sait que les psychologues sont mal représentés, mais que les psychiatres et les psychanalystes disposent de syndicats puissants, on comprend presque tout. On assiste à une main mise à terme du médical sur la pratique de la psychothérapie. 

Dans cette (triste) histoire, le titre de psychothérapeute, qui ne correspondait à rien (pas de diplôme ni de formation exigés) jusqu’à présent, va donc apporter un plus au titre de psychologue. Puisque seuls les médecins et les psychologues peuvent accéder à ce complément de formation, un psychologue-psychothérapeute, c’est « mieux » qu’un psychologue-tout-court. Surprenante inversion des choses.

Le bât blesse particulièrement lorsque l’on comprend que grâce aux mesures transitoires un psychothérapeute sans diplôme ni formation, mais qui a aujourd’hui plus de 5 ans d’exercice derrière lui, va pouvoir utiliser légalement le titre de psychothérapeute sans autre obligation, tandis qu’un psychologue (bac +5) qui a moins de 5 ans d’exercice devra suivre la formation complémentaire et le stage pour faire usage du titre de psychothérapeute. Logique ! Bon, on se rassure en ce disant que le titre de psychologue, celui-là, il ne l’aura pas.

 Rappelez-moi, c’était quoi le but de cette loi déjà ?

Les patients qui s’emmêlaient largement les pinceaux entre toutes ces dénominations (psychiatre, psychologue, psychothérapeute, psychanalyste), que vont-ils y comprendre cette fois ? Car ça va être bien pire maintenant : tous les thérapeutes qui n’auront pas les qualifications pour être psychothérapeutes, trouveront simplement de nouveaux termes pour échapper à la loi : psychomachinchoses et autres machinchose-thérapeutes. Le public ne sera pas plus au fait des différences et ne sera pas davantage protégé !

Mémoire Alzheimer

 Les troubles de la mémoire sont les signes évocateurs les mieux connus de la maladie d’Alzheimer.

Ils font même l’objet de remarques anxio-humoristiques au moindre petit oubli. Il faut néanmoins distinguer les oublis bénins des oublis pathologiques. Oublier un rendez-vous, oublier l’endroit où on a rangé ses clés, etc. peut arriver à tout le monde et n’est pas nécessairement l’indice avant-coureur d’une maladie d’Alzheimer. 70 à 80 % des personnes âgées se plaignent de pertes de mémoire et s’en inquiètent ; des dizaines d’explications sont possibles.

La difficulté réside dans le fait que les symptômes précoces de la maladie d’Alzheimer se confondent avec les premiers signes du vieillissement cérébral normal. Il est donc essentiel d’examiner finement les choses.

0n distingue classiquement deux grands types de mémoire : la mémoire à court terme et la mémoire à long terme.

La mémoire à court terme englobe : 

  • la mémoire immédiate (de quelques secondes à 2-3 minutes). Le malade ne se souvient pas de ce ce qu’il vient tout juste de faire, dire, voir, entendre…

  • la mémoire récente (de quelques minutes à 2-3 heures). Le malade ne se souvient pas de qui il vient d’avoir au téléphone, de ce qu’il a mangé à midi…

  • la mémoire de travail (le temps d’une tâche d’apprentissage ou de raisonnement). Le malade est incapable d’apprendre un nouveau jeu, car il ne peut assimiler les règles, par exemple.

La mémoire à long terme englobe :

  • la mémoire épisodique (événements de vie dans leur contexte). Le malade n’est plus capable de se rappeler un évenement dans son contexte (temps et lieu)

  • la mémoire sémantique (concepts, connaissances). Le malade oublie les connaissances acquises au cours de sa vie, la signification des concepts, des mots…

  • la mémoire procédurale (habiletés motrices). Le malade n’est plus capable de conduire, de jouer du piano, manipuler un ordinateur, utiliser un aspirateur, …

  • la mémoire biographique (événements de vie avant 6 ans). Le malade oublie ce qui a trait aux premières années de sa vie : souvenir des parents, langue maternelle, comptines…

La mémoire à court terme est la première atteinte dans la maladie d’Alzheimer, la mémoire à long terme étant préservée quelques années. C’est pourquoi les personnes reposent la même question à quelques minutes d’intervalle, oublient pourquoi elles s’apprêtaient à sortir, sont incapables de se souvenir des consignes que l’on vient de leur donner, etc., tout en étant capable de parler avec beaucoup de précisions d’événements très anciens de leur vie ou de retrouver les paroles d’une vieille chanson chantée par leur nourrice.

Différentes parties du cerveau sont impliquées dans la mémoire. L’hippocampe est le siège des nouveaux souvenirs, le lobe temporal celui de la mémoire sémantique, les ganglions de la base celui de la mémoire procédurale, etc. Ces différentes parties du cerveau n’étant pas affectées en même temps mais de manière progressive par la maladie, cela explique que certaines formes de mémoire soient déficientes alors que d’autres semblent encore très efficaces, comme la mémoire procédurale à laquelle on peut faire appel longtemps.

Au début de la maladie, la capacité à créer de nouveaux souvenirs est altérée, mais les souvenirs lointains sont conservés. Les mois et les années passant, la mémoire des souvenirs anciens se dégrade également. Les troubles de la mémoire fonctionnent à rebours, les oublis remontant de plus en plus loin dans le temps. C’est pourquoi les malades vont cesser de reconnaître les personnes de leur entourage en fonction de leur apparition dans leur vie : d’abord les connaissances, puis les petits-enfants, les enfants, le conjoint…

Ces troubles de la mémoire ont également pour conséquences de faire vivre les malades à côté du présent. Un malade qui a oublié les 20, 30 ou 40 dernières années de sa vie, vit et se comporte parfois comme si il avait 20, 30 ou 40 ans de moins : il veut aller chercher ses enfants à l’école, se lève à 5 heures du matin pour aller travailler, prend son épouse pour sa mère, etc.,

La maladie d’Alzheimer ne se limite pas aux troubles mnémoniques, toutes les facultés intellectuelles étant peu à peu altérées.

Les hommes, les femmes et l’humour

 L’humour est un puissant outil de séduction, dit-on. Mais a-t-il la même importance pour les hommes et les femmes ?

Une recherche a porté sur le taux d’arrêt de 1600 automobilistes hommes face à des auto-stoppeurs ou des auto-stoppeuses disposant soit d’une pancarte où figurait simplement leur destination soit d’une pancarte ou était ajouté en plus un smiley.

Sans smiley, on enregistre 6 % d’arrêt face à un auto-stoppeur et 15,5 % d’arrêt face à une auto-stoppeuse. Jusque là, rien de très surprenant me direz-vous… J’en conviens. C’est la suite qui est intéressante car, avec smiley, les auto-stoppeurs sont plus chanceux (7 % d’arrêt) alors que les auto-stoppeuses ne sont pas loin de perdre leur avantage (9 % d’arrêt seulement). Bref, mesdemoiselles, si vous prévoyez de descendre dans le sud en stop cet été le plus rapidement possible, un peu de sérieux que diable !

Dans la relation de couple, une autre étude a montré une tendance similaire.

Si la réceptivité du partenaire à leur propre humour a une valeur équivalente entre les deux sexes, la capacité du partenaire à produire de l’humour est moins importante pour les hommes que pour les femmes (4 versus 5, sur une échelle où plus le score est haut plus l’humour est important).

Par ailleurs, en terme de séduction, entre un homme qui fait rire et un autre qui ne fait pas rire, les femmes sont 55 à 70 % à manifester une préférence pour le premier, particulièrement s’il s’agit de se projeter dans une relation à plus ou moins long terme ou une relation amicale. A l’inverse, les hommes sont 45 à 70 % à choisir la femme qui ne fait pas rire, surtout s’il s’agit d’instaurer une relation plus ou moins durable ; la femme qui fait rire étant préférée pour une relation amicale.

En couple, les hommes augmentent leur attractivité aux yeux des femmes en usant de l’humour. En revanche, si les hommes apprécient que leurs femmes soit sensibles à leur humour ils ont moins besoin qu’elles soient productrices d’humour. En résumé, l’humour des hommes séduit inconditionnellement ou presque les femmes, mais pas l’inverse.

Référence : Guégen, N., (2009). Psychologie de la séduction. Ed. Dunod.

La maladie d’Alzheimer

Cette maladie est une affection neuro-dégénérative du système nerveux central, se caractérisant par une détérioration irréversible et progressive des fonctions cognitives : fonctionnement exécutif, mnésique, cognitif, moteur, psychologique et comportemental.

6,5 % des personnes de plus de 65 ans sont atteintes de la maladie d’Alzheimer en France. Cette maladie augmente avec l’âge : elle concerne moins de 1 % des 60-69 ans et plus de 20 % des 90 ans et plus. La maladie d’Alzheimer est une des maladies liées à l’âge les plus fréquentes. En 2004, elle affectait 850 000 personnes en France, avec une estimation de 225 000 nouveaux cas chaque année.

Son nom vient d’un médecin psychiatre et neuropathologiste allemand Alois Alzheimer (1864-1915), qui le premier a diagnostiqué cette maladie chez une patiente, présentant de nombreux troubles de la mémoire, des difficultés de compréhension, une aphasie, une désorientation et des hallucinations. Au décès de sa patiente, il procéda à une autopsie et observa une atrophie du cerveau et deux lésions, qui sont toujours aujourd’hui considérées comme caractéristiques de la maladie d’Alzheimer :

- Les plaques séniles se caractérisent par l’accumulation de protéine amyloïdes-β qui apparaissent sous la forme de “pastilles” situées entre les neurones.

- Les dégénérescences neurofibrillaires se caractérisent par des “cordelettes” de protéines tau qui se désagrègent à l’intérieur des neurones.

Du fait de l’action combinée des plaques séniles et des dégénérescences neurofibrillaires, les neurones fonctionnent mal et finissent par mourir.

La maladie s’installe de façon insidieuse et progressive, ce qui explique le diagnostic tardif et difficile. Le premier stade de la maladie est dit „latent”, car les plaques et les écheveaux commencent à se former, notamment dans l’hippocampe (siège essentiel de la mémoire , notamment dans la formation des nouveaux souvenirs), bien avant les premiers troubles, et ce, jusque 20 ans avant les premiers symptômes.

Il existe en réalité deux formes de la maladie : une forme familiale (moins de 5 % des malades) caractérisée par un début précoce à partir de 30 ans, héréditaire, et une forme sporadique, caractérisée par un début tardif à partir de 65 ans, d’origine multi-factorielle (terrain génétique, facteurs de risque). On a longtemps considéré comme pathologique la forme familiale de la maladie d’Alzheimer, car advenant à des personnes jeunes. Il a fallu attendre les années 70 pour considérer que la forme sporadique survenant après 65 ans n’est pas plus normale.

Pour l’heure, il n’existe aucun traitement curatif. Les médicaments actuels permettent simplement de ralentir le processus et d’améliorer les symptômes. Deux types de neurones sont particulièrement fragilisés par les lésions du cerveau : les neurones glutamatergiques et cholinergiques. Quatre médicaments sont actuellement sur le marché : ARICEPT©, EXELON©, REMINIL© et EBIXA©. Les 3 premiers agissent sur l’acétylcholine, le dernier sur le glutamate. Cette double action permet aujourd’hui de faire des multi-thérapies plus efficaces. Leur efficacité est d’autant plus importante qu’ils sont pris à un stade précoce de la maladie.

Les quatre temps de l’anxiété aux examens

L’anxiété est normale face à un événement dont l’issue demeure inconnue. Que les examens génèrent de l’anxiété est plutôt banal, voire même souhaitable dans le sens où elle traduit la motivation inhérente et permet d’augmenter la performance. En revanche, lorsque cette anxiété est excessive, elle peut conduire à l’échec des étudiants compétents et travailleurs en venant perturber les processus mentaux nécessaires à la réussite.

Lorsqu’on évoque l’anxiété aux examens, on pense souvent au stress de la préparation, aux heures passées à réviser, aux sautes d’humeur, aux crises de larmes, aux problèmes attentionnels, aux nuits blanches la veille de l’échéance, etc.

Pourtant, l’anxiété aux examens peut s’exprimer à quatre étapes différentes :

  • Etape de l’anticipation

C’est le stade préparatoire durant lequel les étudiants travaillent, planifient leurs révisions, développent des techniques d’apprentissage, etc.

L’anxiété naît le plus souvent de la confrontation entre le temps restant pour les apprentissages et la quantité de travail à produire d’ici l’échéance. Ceux qui n’ont pas travaillé régulièrement durant l’année prennent la mesure du danger : celui de ne pas être prêt, de ne pas avoir le temps de tout faire, de devoir bacler, voire de devoir faire des coupes franches dans le programme. 

L’anxiété se caractérise à ce stade par des troubles de l’attention et des difficultés de concentration, donnant le sentiment (réel ou non) d’un travail inefficace et lent extrêmement décourageant. Fatigue et changements de rythme accentuent encore la baisse d’efficience. Chez ceux qui ont une faible estime de soi, le manque de confiance en ses compétences et les doutes vont venir miner le moral d’une part et le travail de révision d’autre part.

  • Etape de la confrontation

C’est le stade de l’examen lui-même.

A l’écrit, deux moments sont particulièrement critiques : celui où l’étudiant prend connaissance du sujet et les derniers instants de l’examen lorsque le temps presse pour terminer son travail. A l’oral, ce sont surtout les premiers instants qui sont les plus difficiles, lors de la confrontation au jury et des premières questions…

Les connaissances insuffisantes, le peur de l’échec et les manifestations anxieuses s’unissent pour perturber la qualité du travail : dévalorisation de soi, pensées négatives, tête vide, concentration perturbée, idées désorganisées, agitation, troubles de l’élocution…

  • Etape de l’attente

C’est le stade où l’examen est terminé, mais les résultats non encore publiés.

L’incertitude n’est plus sur la nature de l’examen mais sur son issue. Même s’il s’agit souvent d’un stade de lâcher prise dû à l’absence de contrôle qui le caractérise, l’anxiété peut naître de l’incertitude du résultat, des doutes relatifs à la qualité du travail rendu.

  • Etape du résultat

C’est le stade où les étudiants prennent connaissance de leurs résultats.

Toutes les incertitudes à propos des résultats sont levées, l’étudiant sait s’il a réussi ou non, et dans quelle mesure. En cas d’échec ou de déception, les implications prennent corps.

L’anxiété aux examens

Les étudiants avec un fort taux d’anxiété aux examens présentent en situation d’évaluation une diminution significative de leurs performances, par rapport à des étudiants peu anxieux. Interfèrent avec l’accomplissement optimal de la tâche toute une série d’éléments tels que : les expériences passées, les exigences personnelles, l’estime de soi, les attentes (réelles ou perçues) de la famille et des enseignants…

C’est le suicide de deux étudiants à l’approche de leurs examens qui enclencha en 1938 les premiers travaux de recherche sur le sujet, dans le but de détecter les étudiants à risque.

Entre inquiétude, pensées négatives et troubles attentionnels, l’élément central de l’anxiété aux examens est de nature cognitive :

  • la situation est perçue comme menaçante, risquée ou trop difficile
  • l’étudiant se déprécie et s’estime incompétent
  • l’étudiant anticipe l’échec et se focalise sur les conséquences négatives d’un échec
  • les troubles cognitifs s’intensifient : attention, concentration, compréhension, mémorisation, organisation de la pensée sont altérées

Une caractéristique des sujets anxieux, est que plus le temps s’écoule et que l’examen approche ou s’achève, plus les pensées négatives sont nombreuses et plus les troubles cognitifs sont importants.

Les étudiants les plus anxieux sont davantage auto-critiques et pessimistes quant à leurs performances, même si leurs résultats n’en sont pas forcément moins bons que ceux des moins anxieux. C’est l’évaluation qu’ils font d’eux-mêmes et de leurs performances qui est en jeu : Je ne vais pas y arriver ; Je vais me planter ; Je n’ai pas le niveau ; Je ne suis pas prêt ; C’est de ma faute, je n’ai pas assez travaillé ; Je vais être le mouton noir de la famille ; Je vais décevoir mon père ; Je suis trop bête pour réussir… 

Le stress naît du décalage perçu entre les exigences d’une situation et les ressources dont l’individu dispose pour y faire face. 

Les étudiants fortement anxieux se distinguent des autres par un dialogue interne plus critique et négatif, qui engendre des réactions et des comportements différents. Jusqu’à un certain degré, l’anxiété permet de se motiver, de travailler plus, de mieux s’organiser, etc., mais à partir d’un certain seuil, elle devient plus handicapante que bénéfique et altère les capacités de faire face.

Restriction de l’attention - Durant l’examen, les étudiants anxieux dirigent une bonne partie de leur attention vers eux aux dépens de la tâche à réaliser. Cela contribue à diminuer leur performance effective mais aussi à augmenter l’angoisse. 

Efficacité moindre - Comparativement aux anxieux modérés, les étudiants très anxieux présentent des différences dans leur manière d’étudier, de se préparer à un examen et de passer une épreuve. Ils ont par exemple tendance à réduire au maximum les périodes (culpabilisante et angoissante) de repos, ce qui augmente l’inefficacité. 

Deux évaluations cognitives sont en jeu : 

L’évaluation primaire - Elle renvoie à la signification de la situation d’examen pour l’individu, à son enjeu. Est-ce un défi ? Est-ce une menace ? Est-ce une perte ? Selon la réponse, l’individu se trouve en situation de prouver ou de se prouver quelque chose, d’évoluer, etc., ou se sent en danger et tente de maîtriser la situation, ou encore a subi des dommages (en termes d’estime de soi, de statut social…).

La différence entre le défi et la menace est une question de tonalité positive ou négative. Plus de 90 % des étudiants ressentent des sentiments de défi et de menace deux jours avant un examen, qui diminuent par la suite. Les sentiments de perte se manifestent à la publication des résultats, en cas d’échec ou de notes décevantes.

L’évaluation secondaire - Elle renvoie aux ressources dont dispose l’individu pour affronter la situation d’examen : aptitudes, travail fourni, connaissances acquises, soutien de l’entourage…

Les étudiants les plus anxieux présentent des évaluations primaire et secondaire plus négatives : ils amplifient les enjeux de la situation, majoritairement perçue comme menaçante, et dévaluent conjointement leurs ressources d’adaptation.