Vous avez une plaque ?

11 février, 2010

L’autre jour, j’ai reçu un coup de fil. Un homme. Il souhaite venir en consultation avec son amie, car elle veut le quitter. Il veut savoir si je reçois les couples. Je réponds bien évidemment par l’affirmative, en précisant que c’est l’idéal de venir ensemble lorsque les deux partis sont d’accord. Je lui demande si son amie serait a priori d’accord pour venir avec lui. Il n’en est pas bien sûr.

- “Est-ce que vous avez une plaque ?

Je n’ai pas de plaque. Enfin… si, j’en ai bien une, rangée… Il y a un an, lorsqu’une collègue est venue partager mon cabinet et a installé sa propre plaque, j’en ai fait faire une. Ce n’était pas compréhensible qu’elle ait une plaque et pas moi, alors je l’ai fait faire. Mais à vrai dire, je tarde un peu à l’installer !

Ca me plaisait bien cette entrée anonyme. Les personnes qui venaient me consulter sonnaient à une simple porte. Une porte parmi d’autres, sans distinction. C’était discret et si la plupart de mes patients n’ont jamais évoqué la question, ni en bien ni en mal, quelques-uns m’ont dit apprécier.

Bref, je reviens à mon coup de téléphone.

Il y a donc la plaque de ma collègue et je le lui dit. Mais la question me surprend et je lui demande le pourquoi de cette question.

- “J’aurais pu l’amener sans qu’elle sache où elle allait. Sans plaque, elle ne l’aurait su qu’au dernier moment, une fois en face de vous“.

Certes ! J’ai souris intérieurement. Et, elle aurait sans doute apprécié le piège ! Tournée de talons et claquement de porte en perspective… Pas étonnant qu’elle veuille le quitter. Ca, je ne l’ai évidemment pas dit à mon interlocuteur. Le premier contact par téléphone est parfois l’occasion d’une première intervention thérapeutique. Comme j’avais un peu de temps devant moi, j’ai pris le temps de lui expliquer deux ou trois choses.

 Selon une étude de l’INRS (Institut National de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles), le coût du stress professionnel représenterait 2 à 3 milliards d’euros par an en France.

Le stress coûte cher ; pas uniquement pour les personnes qui le subissent, mais aussi pour les entreprises et la société :

  • pour les individus, le coût est humain, il s’exprime en terme d’accidents, de maladies et de souffrances physique et morale ;

      25 % des salariés français signalent des problèmes de santé liés au stress professionnel selon la DARES. La proportion de dépressions attribuables au stress professionnel est élevé : 8 à 14 % chez les hommes et 9 à 13 % chez les femmes.

  • pour les entreprises, il s’exprime en termes d’absentéisme, voire d’instabilité professionnelle (changement de poste, démission), ou plus simplement de baisse de productivité et de qualité des produits ou services, d’accidents, de procès ou actions en justice, etc. ;

      28 % des salariés déclarent se mettre en arrêt maladie pour excès de stress, selon une enquête du Journal du net. En moyenne, les français prennent 9 jours par an, soit un des taux les plus élevés d’Europe. 27 % des salariés changent d’entreprise et 12 % changent de poste, en cas de stress excessif.

  • pour la société, il s’exprime en termes de médicaments et de soins.

L’étude de l’INRS intègre dans son analyse les dépenses de soins, l’absentéisme, les cessations prématurées d’activités (invalidités, dispenses d’activité au-déla de 50 ans) et les décès (maladies, suicides).

La dépression fait partie des conséquences les plus fréquemment étudiées du stress au travail. A titre d’exemple, celle-ci coûte chaque année :  

En millions d’euros

Hommes

Femmes

Soins de santé

26 à 45

56 à 80

Absentéisme

235 à 416

502 à 720

Cessation d’activités

253 à 448

294 à 422

Décès prématurés

96 à 169

38 à 54

Malgré tout l’intérêt de ce genre d’études, trop rares, il convient de préciser qu’il s’agit d’une estimation a minima. En effet, 

  1. L’étude ne prend en compte q’un certain type de stress : le “job strain“, c’est-à-dire des situations associant une forte pression et une faible autonomie. Sont donc exclus des stresseurs tels que l’absence de soutien social ou de reconnaissance. A titre indicatif, le “job strain” représente moins d’1/3 des situations stressantes au travail. 
  2. L’étude se limite à la prise en compte de quelques pathologies : maladies cardio-vasculaires, dépression et troubles musculo-squelettiques, ignorant les maladies immunitaires et allergiques ou les désordes hormonaux. Elle ne prend pas davantage en compte des notions telles que la souffrance morale et la perte de bien-être.

 La relaxation musculaire est une technique de détente corporelle basée sur la contraction-décontraction progressive de différents muscles. Le principe de base a été décrit par Jacobson.

 L’exercice que je vous propose s’intéresse à la partie supérieure du corps (visage, nuque, épaules) : une zone qui subit de fréquentes tensions et douleurs… Chaque étape peut être réalisée 1 à 3 fois selon le temps disponible. Chaque contraction musculaire se fait en inspirant, chaque repositionnement du corps se fait en expirant, et la durée de la contraction se passe en respirant normalement.

- Installez-vous confortablement (fauteuil, chaise…) dans un endroit calme et fermez les yeux.

- Basculez doucement la tête en avant, en inspirant. Maintenez la position quelques secondes (5 secondes) tout en respirant normalement, et en vous concentrant sur la tension musculaire dans votre nuque. Ramenez ensuite la tête dans l’axe du corps, en expirant. Restez ainsi quelques secondes (10-15 secondes) et prenez bien conscience de la détente qui s’opère dans les fibres musculaires de votre nuque. Répétez éventuellement 2 à 3 fois l’exercice.

- Basculer encore plus doucement et sans aller trop loin la tête en arrière. Maintenez la position quelques secondes (5 secondes) tout en respirant normalement, et en vous concentrant sur la tension musculaire dans votre cou. Ramenez ensuite la tête dans l’axe du corps, en expirant. Restez ainsi quelques secondes (10-15 secondes) et prenez bien conscience de la détente qui s’opère dans votre cou. Répétez éventuellement 2 à 3 fois l’exercice.

- Basculer la tête à gauche…

- Basculer la tête à droite…

- Lever les épaules…

- Lever les sourcils…

- Froncer les sourcils…

- Froncer le nez…

- Sourire jusqu’aux oreilles…

- Lever les épaules…

- Prenez bien conscience de l’état de détente, du relâchement de vos muscles et restez quelques secondes à respirer tranquillement, sans bouger. Puis bouger très lentement les doigts de vos mains, vos bras, vos orteils, vos jambes, etc., étirez-vous doucement, avant d’ouvrir les yeux et de vous lever pour reprendre vos activités. 

Note : Concentrez-vous bien sur les sensations liées à la contraction/décontraction des muscles. Isolez bien les muscles : vos yeux ne se plissent pas lorsque vous froncez le nez, et inversement, par exemple.

Vie privée et vie professionnelle ne sont pas étanches, créant au mieux des interférences au pire des conflits de rôles plus ou moins importants et choniques en cas de stress professionnel. Stress auquel les enfants ne sont pas insensibles.

L’Observatoire de la parentalité en entreprise (OPE), vient de publier le troisième volet de son baromètre de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, sur l’image que les adolescents français se font du travail de leurs parents. Réalisée en novembre 2009, l’étude a porté sur 500 adolescents âgés de 14 à 17 ans.

Les adolescents connaissent relativement bien l’univers professionnel de leurs parents et sont satisfaits de la place que prend leur travail dans leurs échanges avec ceux-ci : 71 % déclarent ne souhaiter parler du travail de leurs parents “ni plus souvent ni moins souvent”.

En revanche, leur vision de ce travail est plutôt négative :

  • 71 % considèrent l’activité professionnelle de leur père comme “stressante et fatigante” (53 %), voire “très dure” (18 %), tandis que 20 % la considèrent “épanouissante”.
  • 55 % considèrent l’activité professionnelle de leur mère comme “stressante et fatigante” (45 %), voire “très dure” (10 %). Ils sont 24 % à la trouver “épanouissante”.

Ce qu’ils invoquent pour justifier leur réponse rejoint les agents stressants identifiés par les professionnels du stress et de la souffrance au travail : charge de travail excessive, horaires chargés ou indéfinis, entourage professionnel antipathique, absence de reconnaissance, clientèle de plus en plus difficile, etc.

Il est à noter que parmi les adolescents qui se sont rendus sur le lieu de travail de leurs parents au cours des 12 derniers mois, un grand nombre évoque l’envie simple de partager un moment avec eux, notamment vis-à-vis de leur mère : “Pour lui faire plaisir” , “Parce qu’elle rentre tard”, “Pour aller la chercher à la fin de son travail”, “Pour le voir, car le soir il rentre souvent très tard”, “Pour l’accompagner et ne pas rester seule chez moi“, “Pour lui dire coucou“, etc., ou le besoin de leur demander un service. Traduisant aussi le vécu des adolescents et éventuellement un manque relatif à la disponibilité des parents, il est dommage que les auteurs de l’étude n’est pas procédé à une analyse de contenu exhaustive des réponses aux questions ouvertes de l’enquête.

Il existe classiquement 4 types de stresseurs professionnels :

Stresseurs liés aux caractéristiques de la tâche :

  • Conditions de travail (bruit, température extrême, produits toxiques…)
  • Fortes contraintes temporelles
  • Horaires contraignants, imprévisibles…
  • Excès ou absence de travail
  • Tâches monotones, peu stimulantes…
  • Interruptions fréquentes
  • Objectifs irréalistes, pression
  • Manque de participation aux prises de décision
  • etc.

Stresseurs liés aux caractéristiques relationnelles :

  • Conflit de rôle, dû à des demandes contradictoires venant de différents collaborateurs
  • Ambiguïté de rôle, due à un manque de clarté dans la définition de sa mission, de ses objectifs…
  • Manque de communication
  • Indisponibilité des supérieurs
  • Rivalité entre collègues
  • Brimades, harcèlement, violence, isolement
  • Manque de considération de la part des supérieurs hiérarchiques
  • Impatience, exigences et agressivité des clients ou usagers 
  • etc.

Stresseurs liés aux caractéristiques de la carrière :

  • Début de carrière, désillusions…
  • Précarité de l’emploi
  • Absence de promotion ou de débouchés
  • Sur ou sous-qualification pour le poste
  • Manque de reconnaissance sociale
  • Evolution du monde du travail
  • Mobilité professionnelle
  • Licenciement
  • etc.

Stresseurs liés à l’interface vie professionnelle/vie privée :

  • Incompatibilité ou concurrence entre les deux rôles (au niveau du temps, des valeurs, des objectifs…)
  • Difficultés à prendre de la distance
  • Manque d’appui à la maison pour les problèmes rencontrés au travail
  • Manque de reconnaissance des problèmes personnels au travail
  • etc.

L’identification des stresseurs - et éventuellement de la famille dominante de stresseurs - auxquels on est soumis, est la première étape à laquelle s’atteler pour y faire face. On ne peut affronter convenablement que ce que l’on a un tant soit peu identifié.

Il convient ensuite de savoir dans quelle mesure ces facteurs de stress sont ou non contrôlables. Deux difficultés principales apparaissent généralement :

  1. Essayer de changer ce qui ne l’est pas. Or, cela conduit inévitablement à l’échec, la déception et l’épuisement. Appliquer des stratégies de résolution de problème sur une situation qui est partiellement ou totalement modifiable est tout à fait pertinent. En revanche, face à une situation incontrôlable, il est préférable d’appliquer des stratégies centrées sur les émotions, qui ne changeront certes rien à la situation mais permettront de prendre de la distance, de relativiser, de voir les choses différemment ou simplement de se détendre. Les techniques de gestion du stress que sont la restructuration cognitive et la relaxation s’appliquent ici.
  2. Limiter de façon excessive sa marge de manoeuvre. Imaginer que l’on n’a aucun contrôle sur la situation, c’est renoncer d’emblée à y faire face et subir. Or bien souvent, les situations sont plus contrôlables qu’on ne l’imagine, au moins en partie. S’entraîner à élargir son champ des possibles interventions permet d’augmenter son sentiment de contrôle et de se donner davantage de moyens de faire face. Les techniques de résolution de problème, d’affirmation de soi et de restructuration cognitive, notamment, permettent de developper ses habiletés.

Par exemple :

Couple en partage

16 novembre, 2009

Bien des conflits de couple sont liés à l’a priori selon lequel il faut tout partager. Les couples récemment formés ont cette tendance à tout vouloir faire ensemble : on prend un peu de distance avec les amies que l’on voyait toutes les semaines, pour rester avec son compagnon ; on revend sa moto, pour ne pas inquiéter son épouse ; on accompagne sa femme tous les dimanches chez ses parents avec le petit ; etc. C’est se mettre dans des situations invivables, qui finissent toujours par générer des frustrations et des conflits.

Découvrir les centres d’intérêt de son ou sa partenaire est une bonne chose, faire connaissance avec ses amis et ses parents aussi. C’est un moment privilégié de découverte de l’autre et de soi-même, tout à fait naturel et enrichissant.

Mais renoncer à une activité pratiquée depuis des années, parce que votre conjoint la voit d’un mauvais oeil, ou renoncer à cette soirée mensuelle entre amis autour d’une pizza qui ryhtme votre vie depuis la fac parce que votre amie n’a pas envie de vous accompagner et que vous auriez l’impression de la trahir en la laissant seule, ne peut que poser un jour des difficultés de couple.  

L’amour ne consiste pas à tout partager. Dans un couple, l’équilibre est atteint si :

  • on fait des choses ensemble
  • on fait des choses pour l’autre
  • on fait des choses pour soi 

Vous aimez les petits films d’art et d’essai ? Votre mari déteste ?  Il aime les grosses productions ? Vous détesté ? Pourquoi vous traîner mutuellement dans des expériences qui gâchent le plaisir de tout le monde, même de celui qui aime, parce l’ennui, voire l’attitude grogron, de l’autre est finalement plus un poids qu’autre chose ?

- Faites-vous une soirée cinéma, chacun de votre côté ! Et retrouvez-vous à l’issue de la séance pour partager votre plaisir respectif dans un bistrot autour d’un bon café. Ce n’est pas conventionnel, mais il y a l’essentiel : le partage avec l’autre du plaisir pris à voir ce film.

- Signalez à votre mari que le film qu’il voulait voir sort en avant-première et laissez-le aller le voir seul ou avec ses amis. Là encore, il y a l’essentiel : vous êtes totalement hermétique à ce qui peut tant lui plaire dans ce genre de films, mais vous avez envie de lui faire plaisir en lui permettant de ne pas le rater. 

Il est essentiel d’accorder à l’autre le plaisir de faire ces choses qui lui plaisent tant. Il l’est tout autant de lui épargner ces choses qui vous plaisent tant et qui l’assomment profondément.

Vous allez tous les dimanches avec votre épouse et votre fille chez vos beaux-parents. Votre épouse en a envie ? Bien. Et vous ? Non, bien sûr. Vous avez d’ailleurs une idée précise de comment vous pourriez utiliser ce temps précieux et aller voir vos beaux-parents, que par ailleurs vous adorez, une fois par mois, par exemple. Mais vous n’osez pas le dire. Vous avez peur de blesser. Dommage…. car votre épouse n’ose pas non plus vous dire que de temps en temps elle aimerait profiter seule de ses parents et retrouver un peu l’intimité qu’elle partageait avec eux avant de vous connaître.

Dans un couple on ne peut pas toujours avoir envie des mêmes choses. Et même s’il y a beaucoup de points communs, on ne peut pas avoir toujours envie des mêmes choses aux mêmes moments. Ce n’est pas trahir son conjoint que de faire quelque chose seul. C’est se respecter. Respecter ses centres d’intérêt, ses envies, ses passions, etc. C’est respecter l’autre aussi, en ne lui imposant pas (ou en ne le laissant pas s’imposer de lui-même) quelque chose dont il n’a pas envie. Le partage peut venir autrement, sur d’autres choses.

 

 

Personnalité borderline

9 novembre, 2009

La personnalité borderline est un trouble psychique reconnu des professionnels depuis seulement 1980. Cette pathologie affecte 2 % de la population générale, avec un décalage important entre les deux sexes puisque 75 % des personnes qui en souffrent sont des femmes.

La symptomatologie constitue un ensemble complexe où domine une humeur particulièrement instable, oscillant entre colère et désespoir. Excessivement sensibles, les personnalités borderline ressentent les émotions avec une telle intensité qu’elles en deviennent difficilement gérables. La moindre contrariété pourra les mettre dans une colère noire, envers les autres ou envers elles-mêmes. Une phrase malheureuse, un reproche anodin, un oubli synonyme de désamour prennent rapidement des allures tragiques. Cela les conduit à une instabilité, voire à une impulsivité, générant des changements brutaux sur les plans familial, amical et professionnel. Lorsque la colère retombe, une humeur dépressive la remplace où se mêlent tristesse, ennui et vide existentiel. Ces personnes ont une vision floue d’elles-mêmes, de leurs goûts, de leurs idées, de leurs valeurs, de leurs besoins…  Elles ont le sentiment de fonctionner comme une véritable girouette, changeant d’avis au gré des interlocuteurs ou des situations, et se demandant continuellement “Qui suis-je ?”. Vis-à-vis de leurs proches, elles sont dans une attente d’attention et d’amour envahissante et une crainte perpétuelle d’être abandonnées. Les mises à l’épreuve visant à vérifier la solidité des liens sont récurrentes et éprouvantes pour la stabilité des relations. Tristes et angoissées, elles ne se sentent pas à la hauteur des attentes de leur entourage. Les idées de mort sont fréquentes, au point que leur taux de suicide est le plus élevé des troubles de la personnalité. Des comportements auto-dommageables peuvent parallèlement se mettre en place, tels que des scarifications ou des mises en danger (dépenses excessives, relations sexuelles dangereuses, crises de boulimie, etc.)

Plus globalement, la personnalité borderline se caractérise par des perturbations sur les plans cognitif, émotionnel et comportemental :

  • sur le plan cognitif : instabilité de l’image de soi ; difficulté à anticiper les conséquences de leurs actes ; instabilité du jugement sur autrui avec une alternance entre l’idéalisation et la dévalorisation ; attitude de victimisation et pensées persécutoires.
  • sur le plan émotionnel : humeur labile et instabilité émotionnelle ; colères intenses ; ennui profond et sentiment de vide existentiel.
  • sur le plan comportemental : instabilité des relations ; conduites impulsives ; gestes d’automutilation et suicidaires.

Outre les traitements pharmacologiques, c’est sur ces trois points d’accroche que se base une thérapie des troubles borderline : une meilleure gestion des émotions, une revalorisation de l’image de soi et l’apprentisage d’une communication plus efficiente et enrichissante.

Il existe différents degrés de critique dans un couple. Plus elles touchent à ce qui fonde l’identité même de la personne, plus elles sont blessantes, augmentent les risques d’escalade verbale et rendent les réconciliations laborieuses.

Critique de niveau 1 : centrée sur le comportement

  • Tu es en retard
  • Tu me coupes la parole
  • Tu as laissé traîner tes chaussettes sales

Critique de niveau 2 : centrée sur le comportement, mais amplifiée et généralisée

  • Tu es encore en retard, comme d’habitude. Je me demande bien pourquoi je m’étonne.
  • Tu me coupes continuellement la parole, c’est toujours pareil.
  • Misère ! T’as encore fait ça n’importe comment.

Critique de niveau 3 : centrée sur la personne, avec jugement de valeur négatif 

  • T’es vraiment nul !
  • Quelle geignarde.
  • Ce que tu peux être mesquine, alors.

Critique de niveau 4 : centrée sur la relation

  • Ce n’est plus possible, je ne peux pas compter sur toi.
  • Si j’avais su, je ne t’aurais jamais épousé.
  • Je te préviens, si le week-end prochain tu refuses encore de faire l’amour, je te quitte.

Critique de niveau 5 : centrée sur la famille ou les origines sociales, avec jugement de valeur négatif

  • T’es vraiment comme ta mère. Toujours à te lamenter.
  • Je comprends mieux pourquoi ton ex s’est barré.
  • C’est sûr que c’est pas tes parents qui risquaient de t’apprendre ça !

 

Si vous voulez exaspérer votre conjoint, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Si en revanche, vous souhaitez que vos critiques portent sans mettre en danger votre relation et susciter des conflits ouverts ou larvés, préférez les critiques centrées sur le comportement. Une critique objective et précise, ne mettant pas en cause l’individu, aura toujours plus de change d’être entendue et de donner l’envie à votre conjoint de rectifier le tir pour vous faire plaisir. Les attaques personnelles sont blessantes et donnent souvent pour seul résultat une contre-attaque improductive.

Le stress affecte votre manière de respirer, en favorisant une respiration thoracique plutôt que ventrale pouvant donner une sensation d’oppression et de souffle court, voire même des douleurs. Inversement, respirer par le ventre procure un effet apaisant permettant de diminuer ces sensations de stress. 

Respirer par le ventre :
  1. Installez-vous confortablement sur votre lit ou un transat * et fermez les yeux.

  2. Posez une main sur votre ventre et une main sur votre poitrine.
  3. Prenez concience des mouvements qui accompagnent votre respiration tant au niveau du ventre qu’au niveau de la poitrine.

  4. Essayez maintenant de réduire au maximum les mouvements de votre poitrine pour ne respirer que par le ventre.

  5. Comme un gros ballon qui se gonfle et se dégonfle doucement, sortez le ventre à l’inspiration et rentrez-le à l’expiration, lentement, sans effort ni à-coup .

Les premières fois, ne pratiquez pas l’exercice plus de trois fois de suite (3 inspirations/expirations) pour éviter tout risque d’hyperventilation, qui vous donnerait une sensation déplaisante de suffocation et vous inciterait à prendre une grande inspiration, ce qu’il faut à tout prix éviter.

Si vous avez du mal à respirer par le ventre, posez-y un objet lourd mais pas trop, et essayez de le soulever avec le ventre en inspirant et de le faire redescendre en expirant, tout en contrôlant le mouvement qui doit rester fluide et sans à-coup. Le poids vous aidera à augmenter vos sensations et à favoriser une respiration ventrale.

La respiration abdominale vise à obtenir un ralentissement respiratoire. Au fil du temps et des essais, vous vous rendrez compte que ce ralentissement survient de plus en plus rapidement, une seule respiration ventrale pouvant suffire pour se détendre. Il s’agit d’une forme de relaxation rapide, pouvant être utilisée en toute circonstance.

* L’exercice peut être réalisé en position assise, mais elle permet parfois plus difficilement de contrôler les mouvements du ventre. Pour un premier essai, la position allongée est préférable, mais non nécessaire.

Lorsque l’activité professionnelle est source d’épuisement, d’usure, de souffrance morale et d’une altération générale de la santé, on parle de burnout   ou d’épuisement professionnel . Celui-ci touche 5 à 10 % des salariés et s’observe dans tous les secteurs d’activité, quels qu’ils soient.

A l’origine, il concernait les professionnels de l’aide (travailleurs sociaux, professions médicales, enseignants, avocats…), dont l’engagement était parfois sévèrement mis à mal par la confrontation à la souffrance de l’autre. Aujourd’hui, on considère néanmoins que tous les professionnels peuvent être touchés.

Le burnout résulte d’un stress professionnel chronique. Un consensus existe pour le décrire sur la base de trois dimensions :

  • L’épuisement émotionnel se caractérise par une fatigue morale et physique sur laquelle le repos n’a aucun impact. Chaque nouvelle journée de travail est vécue comme un calvaire. Le professionnel perd tout entrain et toute motivation pour son travail, qui ne lui procure plus aucune satisfaction.
  • La dépersonnalisation renvoie à une attitude négative, détachée, impersonnelle et cynique, voire dans certaines formes dures, stigmatisante et maltraitante, envers les individus dont s’occupe le professionnel (patients, élèves, clients…).

Ex : Ah si je pouvais faire cours sans avoir à supporter mes élèves !

Ex : L’appendicite de la chambre 13. 

Dans sa forme légère, la dépersonnalisation joue un rôle protecteur pour l’individu, en lui permettant de faire face à l’épuisement émotionnel ressenti et de s’adapter à la perte d’implication professionnelle. En mettant à distance les demandes et les besoins des bénéfiaires de l’aide, ceux-ci semblent d’emblée moins urgents.

  • L’échec de l’accomplissement personnel correspond à la dévalorisation de soi en tant que professionnel : sentiment d’échec, croyance que les objectifs ne sont pas atteints, diminution du sentiment d’auto-efficacité, etc. Le professionnel est convaincu de son incompétence et de son incapacité à satisfaire son entourage, ce qui l’amène à douter de ses capacités à travailler dans ce secteur.

Le burnout démarre toujours avec l’épuisement professionnel, qui entraîne peu à peu la dépersonnalisation puis, directement ou indirectement, l’échec de l’accomplissement personnel.

L’épuisement émotionnel constitue le composant affectif du burnout, tandis que la dépersonnalisation et l’échec de l’accomplissement personnel en constituent les aspects comportementaux et cognitifs.

Le burnout a des conséquences multiples sur les plans émotionnel (angoisse, dépression…), cognitif (troubles de l’attention et de la concentration, difficulté à prendre des décisions…), professionnel  (désinvestissement, perte de productivité…), comportemental (troubles du sommeil, psychotropes…), relationnel (cynisme, irritabilité, isolement…) et physiologique  (hypertension, lombalgie, diabète…). En outre, les conséquences néfastes du burnout dépassent presque toujours le cadre professionnel pour atteindre la sphère privée, avec de nombreuses difficultés familiales et des divorces en cascade.