Titre de psychothérapeute : les psychologues sont vraiment les dindons de la farce !

 Revenons un peu en arrière. En 2004 paraît une loi relative à l’usage du titre de psychothérapeute. Faute de décret, elle n’était jusque là pas appliquée. Le titre de psychothérapeute n’était donc pas protégé et n’importe qui pouvait poser sa plaque du jour au lendemain sans autre formalité. 

Au contraire du titre de psychothérapeute, ceux de psychiatre et de psychologue sont eux protégés depuis des années :

  • Pour être psychiatre, il convient de posséder un doctorat en médecine, auquel s’ajoute une spécialisation en psychiatrie.
  • Pour être psychologue, il convient de posséder non seulement un master mais également un cursus complet en psychologie, soit 5 ans d’études dans cette discipline.

 Parallèlement, jusqu’au décret du 20 mai dernier, pour être psychothérapeute, il n’y avait donc besoin de rien. Je ne prêtant pas que tous les psychothérapeutes n’ont aucun diplôme ni aucune formation, bien au contraire. Mais le titre n’étant pas protégé, on peut honnêtement imaginer qu’il a été utilisé de façon abusive. C’est justement pour lutter contre ces abus que la loi de 2004 a vu le jour. Elle visait à protéger les personnes. 

Pendant 6 ans, les guerres intestines entre les différents professionnels et leurs représentants : universitaires, médecins, psychologues, psychanalystes et psychothérapeutes - ont fait avorter tous les projets de décret.

 Aujourd’hui, le décret est enfin paru et il est franchement en défaveur des psychologues, s’ils veulent faire usage du titre de psychothérapeute !

Selon qu’un psychologue est clinicien ou non, il devra compléter sa formation initiale de 150 à 300h de théorie et de 2 à 5 mois de stage. Je n’ai rien contre le principe d’un complément de formation, tant il est vrai que l’université forme peu à la thérapie dans ses aspects les plus concrets. Mais il faudrait que ce complément de formation soit « juste ».

- Les psychiatres, qui sont encore moins formés que nous à la thérapie durant leur formation initiale sont purement et simplement dispensés de formation complémentaire et de stage. Les médecins, non psychiatres, n’auront eux que 200h et 2 mois de stage à faire pour être psychothérapeutes.

- Plus choquant encore, les psychanalystes, qui ont fait une cure à titre personnel et ont suivi une formation non universitaire d’une société psychanalytique qui les a agréés, n’ont que 200h et 2 mois de stage à faire. Et, ceux qui travaillent aujourd’hui comme psychothérapeutes sans pouvoir prétendre aux seuls titres protégés de psychiatre ou psychologue, n’ont que 400h et 5 mois de stage à faire, soit à peine plus qu’un psychologue (notamment non clinicien). 

Dès lors, que valent nos 5 ans d’études (assortis de stages) en psychologie, pour Mesdames Bachelot, Pécresse, Penchard et Messieurs Fillon et Hortefeux, signataires de ce décret ? La réponse est claire : pas grand-chose !

Mais lorsque l’on sait que la plupart des psychiatres sont aussi psychanalystes, on comprend mieux certaines choses. Lorsque l’on sait que les psychologues sont mal représentés, mais que les psychiatres et les psychanalystes disposent de syndicats puissants, on comprend presque tout. On assiste à une main mise à terme du médical sur la pratique de la psychothérapie. 

Dans cette (triste) histoire, le titre de psychothérapeute, qui ne correspondait à rien (pas de diplôme ni de formation exigés) jusqu’à présent, va donc apporter un plus au titre de psychologue. Puisque seuls les médecins et les psychologues peuvent accéder à ce complément de formation, un psychologue-psychothérapeute, c’est « mieux » qu’un psychologue-tout-court. Surprenante inversion des choses.

Le bât blesse particulièrement lorsque l’on comprend que grâce aux mesures transitoires un psychothérapeute sans diplôme ni formation, mais qui a aujourd’hui plus de 5 ans d’exercice derrière lui, va pouvoir utiliser légalement le titre de psychothérapeute sans autre obligation, tandis qu’un psychologue (bac +5) qui a moins de 5 ans d’exercice devra suivre la formation complémentaire et le stage pour faire usage du titre de psychothérapeute. Logique ! Bon, on se rassure en ce disant que le titre de psychologue, celui-là, il ne l’aura pas.

 Rappelez-moi, c’était quoi le but de cette loi déjà ?

Les patients qui s’emmêlaient largement les pinceaux entre toutes ces dénominations (psychiatre, psychologue, psychothérapeute, psychanalyste), que vont-ils y comprendre cette fois ? Car ça va être bien pire maintenant : tous les thérapeutes qui n’auront pas les qualifications pour être psychothérapeutes, trouveront simplement de nouveaux termes pour échapper à la loi : psychomachinchoses et autres machinchose-thérapeutes. Le public ne sera pas plus au fait des différences et ne sera pas davantage protégé !

Mémoire Alzheimer

 

Les troubles de la mémoire sont les signes évocateurs les mieux connus de la maladie d’Alzheimer.

Ils font même l’objet de remarques anxio-humoristiques au moindre petit oubli. Il faut néanmoins distinguer les oublis bénins des oublis pathologiques. Oublier un rendez-vous, oublier l’endroit où on a rangé ses clés, etc. peut arriver à tout le monde et n’est pas nécessairement l’indice avant-coureur d’une maladie d’Alzheimer. 70 à 80 % des personnes âgées se plaignent de pertes de mémoire et s’en inquiètent ; des dizaines d’explications sont possibles.

La difficulté réside dans le fait que les symptômes précoces de la maladie d’Alzheimer se confondent avec les premiers signes du vieillissement cérébral normal. Il est donc essentiel d’examiner finement les choses.

0n distingue classiquement deux grands types de mémoire : la mémoire à court terme et la mémoire à long terme.

La mémoire à court terme englobe : 

  • la mémoire immédiate (de quelques secondes à 2-3 minutes). Le malade ne se souvient pas de ce ce qu’il vient tout juste de faire, dire, voir, entendre…

  • la mémoire récente (de quelques minutes à 2-3 heures). Le malade ne se souvient pas de qui il vient d’avoir au téléphone, de ce qu’il a mangé à midi…

  • la mémoire de travail (le temps d’une tâche d’apprentissage ou de raisonnement). Le malade est incapable d’apprendre un nouveau jeu, car il ne peut assimiler les règles, par exemple.

La mémoire à long terme englobe :

  • la mémoire épisodique (événements de vie dans leur contexte). Le malade n’est plus capable de se rappeler un évenement dans son contexte (temps et lieu)

  • la mémoire sémantique (concepts, connaissances). Le malade oublie les connaissances acquises au cours de sa vie, la signification des concepts, des mots…

  • la mémoire procédurale (habiletés motrices). Le malade n’est plus capable de conduire, de jouer du piano, manipuler un ordinateur, utiliser un aspirateur, …

  • la mémoire biographique (événements de vie avant 6 ans). Le malade oublie ce qui a trait aux premières années de sa vie : souvenir des parents, langue maternelle, comptines…

La mémoire à court terme est la première atteinte dans la maladie d’Alzheimer, la mémoire à long terme étant préservée quelques années. C’est pourquoi les personnes reposent la même question à quelques minutes d’intervalle, oublient pourquoi elles s’apprêtaient à sortir, sont incapables de se souvenir des consignes que l’on vient de leur donner, etc., tout en étant capable de parler avec beaucoup de précisions d’événements très anciens de leur vie ou de retrouver les paroles d’une vieille chanson chantée par leur nourrice.

Différentes parties du cerveau sont impliquées dans la mémoire. L’hippocampe est le siège des nouveaux souvenirs, le lobe temporal celui de la mémoire sémantique, les ganglions de la base celui de la mémoire procédurale, etc. Ces différentes parties du cerveau n’étant pas affectées en même temps mais de manière progressive par la maladie, cela explique que certaines formes de mémoire soient déficientes alors que d’autres semblent encore très efficaces, comme la mémoire procédurale à laquelle on peut faire appel longtemps.

Au début de la maladie, la capacité à créer de nouveaux souvenirs est altérée, mais les souvenirs lointains sont conservés. Les mois et les années passant, la mémoire des souvenirs anciens se dégrade également. Les troubles de la mémoire fonctionnent à rebours, les oublis remontant de plus en plus loin dans le temps. C’est pourquoi les malades vont cesser de reconnaître les personnes de leur entourage en fonction de leur apparition dans leur vie : d’abord les connaissances, puis les petits-enfants, les enfants, le conjoint…

Ces troubles de la mémoire ont également pour conséquences de faire vivre les malades à côté du présent. Un malade qui a oublié les 20, 30 ou 40 dernières années de sa vie, vit et se comporte parfois comme si il avait 20, 30 ou 40 ans de moins : il veut aller chercher ses enfants à l’école, se lève à 5 heures du matin pour aller travailler, prend son épouse pour sa mère, etc.,

La maladie d’Alzheimer ne se limite pas aux troubles mnémoniques, toutes les facultés intellectuelles étant peu à peu altérées.

Les hommes, les femmes et l’humour

 L’humour est un puissant outil de séduction, dit-on. Mais a-t-il la même importance pour les hommes et les femmes ?

Une recherche a porté sur le taux d’arrêt de 1600 automobilistes hommes face à des auto-stoppeurs ou des auto-stoppeuses disposant soit d’une pancarte où figurait simplement leur destination soit d’une pancarte ou était ajouté en plus un smiley.

Sans smiley, on enregistre 6 % d’arrêt face à un auto-stoppeur et 15,5 % d’arrêt face à une auto-stoppeuse. Jusque là, rien de très surprenant me direz-vous… J’en conviens. C’est la suite qui est intéressante car, avec smiley, les auto-stoppeurs sont plus chanceux (7 % d’arrêt) alors que les auto-stoppeuses ne sont pas loin de perdre leur avantage (9 % d’arrêt seulement). Bref, mesdemoiselles, si vous prévoyez de descendre dans le sud en stop cet été le plus rapidement possible, un peu de sérieux que diable !

Dans la relation de couple, une autre étude a montré une tendance similaire.

Si la réceptivité du partenaire à leur propre humour a une valeur équivalente entre les deux sexes, la capacité du partenaire à produire de l’humour est moins importante pour les hommes que pour les femmes (4 versus 5, sur une échelle où plus le score est haut plus l’humour est important).

Par ailleurs, en terme de séduction, entre un homme qui fait rire et un autre qui ne fait pas rire, les femmes sont 55 à 70 % à manifester une préférence pour le premier, particulièrement s’il s’agit de se projeter dans une relation à plus ou moins long terme ou une relation amicale. A l’inverse, les hommes sont 45 à 70 % à choisir la femme qui ne fait pas rire, surtout s’il s’agit d’instaurer une relation plus ou moins durable ; la femme qui fait rire étant préférée pour une relation amicale.

En couple, les hommes augmentent leur attractivité aux yeux des femmes en usant de l’humour. En revanche, si les hommes apprécient que leurs femmes soit sensibles à leur humour ils ont moins besoin qu’elles soient productrices d’humour. En résumé, l’humour des hommes séduit inconditionnellement ou presque les femmes, mais pas l’inverse.

Référence : Guégen, N., (2009). Psychologie de la séduction. Ed. Dunod.

La maladie d’Alzheimer

Cette maladie est une affection neuro-dégénérative du système nerveux central, se caractérisant par une détérioration irréversible et progressive des fonctions cognitives : fonctionnement exécutif, mnésique, cognitif, moteur, psychologique et comportemental.

6,5 % des personnes de plus de 65 ans sont atteintes de la maladie d’Alzheimer en France. Cette maladie augmente avec l’âge : elle concerne moins de 1 % des 60-69 ans et plus de 20 % des 90 ans et plus. La maladie d’Alzheimer est une des maladies liées à l’âge les plus fréquentes. En 2004, elle affectait 850 000 personnes en France, avec une estimation de 225 000 nouveaux cas chaque année.

Son nom vient d’un médecin psychiatre et neuropathologiste allemand Alois Alzheimer (1864-1915), qui le premier a diagnostiqué cette maladie chez une patiente, présentant de nombreux troubles de la mémoire, des difficultés de compréhension, une aphasie, une désorientation et des hallucinations. Au décès de sa patiente, il procéda à une autopsie et observa une atrophie du cerveau et deux lésions, qui sont toujours aujourd’hui considérées comme caractéristiques de la maladie d’Alzheimer :

- Les plaques séniles se caractérisent par l’accumulation de protéine amyloïdes-β qui apparaissent sous la forme de “pastilles” situées entre les neurones.

- Les dégénérescences neurofibrillaires se caractérisent par des “cordelettes” de protéines tau qui se désagrègent à l’intérieur des neurones.

Du fait de l’action combinée des plaques séniles et des dégénérescences neurofibrillaires, les neurones fonctionnent mal et finissent par mourir.

La maladie s’installe de façon insidieuse et progressive, ce qui explique le diagnostic tardif et difficile. Le premier stade de la maladie est dit „latent”, car les plaques et les écheveaux commencent à se former, notamment dans l’hippocampe (siège essentiel de la mémoire , notamment dans la formation des nouveaux souvenirs), bien avant les premiers troubles, et ce, jusque 20 ans avant les premiers symptômes.

Il existe en réalité deux formes de la maladie : une forme familiale (moins de 5 % des malades) caractérisée par un début précoce à partir de 30 ans, héréditaire, et une forme sporadique, caractérisée par un début tardif à partir de 65 ans, d’origine multi-factorielle (terrain génétique, facteurs de risque). On a longtemps considéré comme pathologique la forme familiale de la maladie d’Alzheimer, car advenant à des personnes jeunes. Il a fallu attendre les années 70 pour considérer que la forme sporadique survenant après 65 ans n’est pas plus normale.

Pour l’heure, il n’existe aucun traitement curatif. Les médicaments actuels permettent simplement de ralentir le processus et d’améliorer les symptômes. Deux types de neurones sont particulièrement fragilisés par les lésions du cerveau : les neurones glutamatergiques et cholinergiques. Quatre médicaments sont actuellement sur le marché : ARICEPT©, EXELON©, REMINIL© et EBIXA©. Les 3 premiers agissent sur l’acétylcholine, le dernier sur le glutamate. Cette double action permet aujourd’hui de faire des multi-thérapies plus efficaces. Leur efficacité est d’autant plus importante qu’ils sont pris à un stade précoce de la maladie.

Les quatre temps de l’anxiété aux examens

L’anxiété est normale face à un événement dont l’issue demeure inconnue. Que les examens génèrent de l’anxiété est plutôt banal, voire même souhaitable dans le sens où elle traduit la motivation inhérente et permet d’augmenter la performance. En revanche, lorsque cette anxiété est excessive, elle peut conduire à l’échec des étudiants compétents et travailleurs en venant perturber les processus mentaux nécessaires à la réussite.

Lorsqu’on évoque l’anxiété aux examens, on pense souvent au stress de la préparation, aux heures passées à réviser, aux sautes d’humeur, aux crises de larmes, aux problèmes attentionnels, aux nuits blanches la veille de l’échéance, etc.

Pourtant, l’anxiété aux examens peut s’exprimer à quatre étapes différentes :

  • Etape de l’anticipation

C’est le stade préparatoire durant lequel les étudiants travaillent, planifient leurs révisions, développent des techniques d’apprentissage, etc.

L’anxiété naît le plus souvent de la confrontation entre le temps restant pour les apprentissages et la quantité de travail à produire d’ici l’échéance. Ceux qui n’ont pas travaillé régulièrement durant l’année prennent la mesure du danger : celui de ne pas être prêt, de ne pas avoir le temps de tout faire, de devoir bacler, voire de devoir faire des coupes franches dans le programme. 

L’anxiété se caractérise à ce stade par des troubles de l’attention et des difficultés de concentration, donnant le sentiment (réel ou non) d’un travail inefficace et lent extrêmement décourageant. Fatigue et changements de rythme accentuent encore la baisse d’efficience. Chez ceux qui ont une faible estime de soi, le manque de confiance en ses compétences et les doutes vont venir miner le moral d’une part et le travail de révision d’autre part.

  • Etape de la confrontation

C’est le stade de l’examen lui-même.

A l’écrit, deux moments sont particulièrement critiques : celui où l’étudiant prend connaissance du sujet et les derniers instants de l’examen lorsque le temps presse pour terminer son travail. A l’oral, ce sont surtout les premiers instants qui sont les plus difficiles, lors de la confrontation au jury et des premières questions…

Les connaissances insuffisantes, le peur de l’échec et les manifestations anxieuses s’unissent pour perturber la qualité du travail : dévalorisation de soi, pensées négatives, tête vide, concentration perturbée, idées désorganisées, agitation, troubles de l’élocution…

  • Etape de l’attente

C’est le stade où l’examen est terminé, mais les résultats non encore publiés.

L’incertitude n’est plus sur la nature de l’examen mais sur son issue. Même s’il s’agit souvent d’un stade de lâcher prise dû à l’absence de contrôle qui le caractérise, l’anxiété peut naître de l’incertitude du résultat, des doutes relatifs à la qualité du travail rendu.

  • Etape du résultat

C’est le stade où les étudiants prennent connaissance de leurs résultats.

Toutes les incertitudes à propos des résultats sont levées, l’étudiant sait s’il a réussi ou non, et dans quelle mesure. En cas d’échec ou de déception, les implications prennent corps.

L’anxiété aux examens

Les étudiants avec un fort taux d’anxiété aux examens présentent en situation d’évaluation une diminution significative de leurs performances, par rapport à des étudiants peu anxieux. Interfèrent avec l’accomplissement optimal de la tâche toute une série d’éléments tels que : les expériences passées, les exigences personnelles, l’estime de soi, les attentes (réelles ou perçues) de la famille et des enseignants…

C’est le suicide de deux étudiants à l’approche de leurs examens qui enclencha en 1938 les premiers travaux de recherche sur le sujet, dans le but de détecter les étudiants à risque.

Entre inquiétude, pensées négatives et troubles attentionnels, l’élément central de l’anxiété aux examens est de nature cognitive :

  • la situation est perçue comme menaçante, risquée ou trop difficile
  • l’étudiant se déprécie et s’estime incompétent
  • l’étudiant anticipe l’échec et se focalise sur les conséquences négatives d’un échec
  • les troubles cognitifs s’intensifient : attention, concentration, compréhension, mémorisation, organisation de la pensée sont altérées

Une caractéristique des sujets anxieux, est que plus le temps s’écoule et que l’examen approche ou s’achève, plus les pensées négatives sont nombreuses et plus les troubles cognitifs sont importants.

Les étudiants les plus anxieux sont davantage auto-critiques et pessimistes quant à leurs performances, même si leurs résultats n’en sont pas forcément moins bons que ceux des moins anxieux. C’est l’évaluation qu’ils font d’eux-mêmes et de leurs performances qui est en jeu : Je ne vais pas y arriver ; Je vais me planter ; Je n’ai pas le niveau ; Je ne suis pas prêt ; C’est de ma faute, je n’ai pas assez travaillé ; Je vais être le mouton noir de la famille ; Je vais décevoir mon père ; Je suis trop bête pour réussir… 

Le stress naît du décalage perçu entre les exigences d’une situation et les ressources dont l’individu dispose pour y faire face. 

Les étudiants fortement anxieux se distinguent des autres par un dialogue interne plus critique et négatif, qui engendre des réactions et des comportements différents. Jusqu’à un certain degré, l’anxiété permet de se motiver, de travailler plus, de mieux s’organiser, etc., mais à partir d’un certain seuil, elle devient plus handicapante que bénéfique et altère les capacités de faire face.

Restriction de l’attention - Durant l’examen, les étudiants anxieux dirigent une bonne partie de leur attention vers eux aux dépens de la tâche à réaliser. Cela contribue à diminuer leur performance effective mais aussi à augmenter l’angoisse. 

Efficacité moindre - Comparativement aux anxieux modérés, les étudiants très anxieux présentent des différences dans leur manière d’étudier, de se préparer à un examen et de passer une épreuve. Ils ont par exemple tendance à réduire au maximum les périodes (culpabilisante et angoissante) de repos, ce qui augmente l’inefficacité. 

Deux évaluations cognitives sont en jeu : 

L’évaluation primaire - Elle renvoie à la signification de la situation d’examen pour l’individu, à son enjeu. Est-ce un défi ? Est-ce une menace ? Est-ce une perte ? Selon la réponse, l’individu se trouve en situation de prouver ou de se prouver quelque chose, d’évoluer, etc., ou se sent en danger et tente de maîtriser la situation, ou encore a subi des dommages (en termes d’estime de soi, de statut social…).

La différence entre le défi et la menace est une question de tonalité positive ou négative. Plus de 90 % des étudiants ressentent des sentiments de défi et de menace deux jours avant un examen, qui diminuent par la suite. Les sentiments de perte se manifestent à la publication des résultats, en cas d’échec ou de notes décevantes.

L’évaluation secondaire - Elle renvoie aux ressources dont dispose l’individu pour affronter la situation d’examen : aptitudes, travail fourni, connaissances acquises, soutien de l’entourage…

Les étudiants les plus anxieux présentent des évaluations primaire et secondaire plus négatives : ils amplifient les enjeux de la situation, majoritairement perçue comme menaçante, et dévaluent conjointement leurs ressources d’adaptation.

 

Toucher, pour maintenir l’implication des personnes âgées

La communication passe par de nombreux aspects non-verbaux du langage : mimiques, postures, gestuelles, intonation de la voix… ; au point que les mots ne compteraient que pour 7 % du message transmis.

De tous les vecteurs de communication, le toucher est une des sources d’influence les plus efficaces. Le fait de toucher une personne l’incite plus facilement à donner de l’argent à un passant dans la rue ou à répondre à une enquête. Un serveur obtient plus de pourboire s’il touche ses clients. Un vendeur allonge la durée passée dans le magasin et finalise plus de ventes s’il touche les consommateurs. Etc. 

Outre ces aspects, les études sur le toucher ont des applications tout à fait intéressantes en termes d’implication et de motivation. Aussi, toucher les personnes âgées augmente le respect des recommandations qui leur sont faites. 

Avec l’avancée en âge, il arrive très souvent que les personnes perdent leur entrain : l’envie de vivre est réduite, la curiosité pour le monde restreinte, l’appétit diminué, etc. Or, il est essentiel de maintenir chez la personne âgée le désir et la motivation afin de prévenir le repli sur soi et les manifestations dépressives. 

  • Une étude a ainsi montré qu’un encouragement à manger accompagné d’un contact tactile de quelques secondes de la part du personnel, permet d’augmenter le nombre de calories et de protéines absorbées spontanément par les résidants, comparativement à un seul encouragement verbal. Cet effet bénéfique perdure en outre sur plusieurs jours.
  • Dans la même idée, les personnes âgées s’impliquent également davantage dans les ateliers de travaux manuels lorsque les animateurs prennent le temps de les toucher quelques instants tout en dispensant leurs consignes.

Le toucher est un outil à utiliser avec une infinie précaution car il peut être vécu comme une intrusion de l’espace personnel et un excès de familiarité. Néanmoins, un contact chaleureux d’une ou deux secondes sur le bras ou l’épaule peut faciliter l’acceptation d’une requête.

Vous avez une plaque ?

L’autre jour, j’ai reçu un coup de fil. Un homme. Il souhaite venir en consultation avec son amie, car elle veut le quitter. Il veut savoir si je reçois les couples. Je réponds bien évidemment par l’affirmative, en précisant que c’est l’idéal de venir ensemble lorsque les deux partis sont d’accord. Je lui demande si son amie serait a priori d’accord pour venir avec lui. Il n’en est pas bien sûr.

- “Est-ce que vous avez une plaque ?

Je n’ai pas de plaque. Enfin… si, j’en ai bien une, rangée… Il y a un an, lorsqu’une collègue est venue partager mon cabinet et a installé sa propre plaque, j’en ai fait faire une. Ce n’était pas compréhensible qu’elle ait une plaque et pas moi, alors je l’ai fait faire. Mais à vrai dire, je tarde un peu à l’installer !

Ca me plaisait bien cette entrée anonyme. Les personnes qui venaient me consulter sonnaient à une simple porte. Une porte parmi d’autres, sans distinction. C’était discret et si la plupart de mes patients n’ont jamais évoqué la question, ni en bien ni en mal, quelques-uns m’ont dit apprécier.

Bref, je reviens à mon coup de téléphone.

Il y a donc la plaque de ma collègue et je le lui dit. Mais la question me surprend et je lui demande le pourquoi de cette question.

- “J’aurais pu l’amener sans qu’elle sache où elle allait. Sans plaque, elle ne l’aurait su qu’au dernier moment, une fois en face de vous“.

Certes ! J’ai souris intérieurement. Et, elle aurait sans doute apprécié le piège ! Tournée de talons et claquement de porte en perspective… Pas étonnant qu’elle veuille le quitter. Ca, je ne l’ai évidemment pas dit à mon interlocuteur. Le premier contact par téléphone est parfois l’occasion d’une première intervention thérapeutique. Comme j’avais un peu de temps devant moi, j’ai pris le temps de lui expliquer deux ou trois choses.

Le coût du stress au travail

 Selon une étude de l’INRS (Institut National de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles), le coût du stress professionnel représenterait 2 à 3 milliards d’euros par an en France.

Le stress coûte cher ; pas uniquement pour les personnes qui le subissent, mais aussi pour les entreprises et la société :

  • pour les individus, le coût est humain, il s’exprime en terme d’accidents, de maladies et de souffrances physique et morale ;

      25 % des salariés français signalent des problèmes de santé liés au stress professionnel selon la DARES. La proportion de dépressions attribuables au stress professionnel est élevé : 8 à 14 % chez les hommes et 9 à 13 % chez les femmes.

  • pour les entreprises, il s’exprime en termes d’absentéisme, voire d’instabilité professionnelle (changement de poste, démission), ou plus simplement de baisse de productivité et de qualité des produits ou services, d’accidents, de procès ou actions en justice, etc. ;

      28 % des salariés déclarent se mettre en arrêt maladie pour excès de stress, selon une enquête du Journal du net. En moyenne, les français prennent 9 jours par an, soit un des taux les plus élevés d’Europe. 27 % des salariés changent d’entreprise et 12 % changent de poste, en cas de stress excessif.

  • pour la société, il s’exprime en termes de médicaments et de soins.

L’étude de l’INRS intègre dans son analyse les dépenses de soins, l’absentéisme, les cessations prématurées d’activités (invalidités, dispenses d’activité au-déla de 50 ans) et les décès (maladies, suicides).

La dépression fait partie des conséquences les plus fréquemment étudiées du stress au travail. A titre d’exemple, celle-ci coûte chaque année :  

En millions d’euros

Hommes

Femmes

Soins de santé

26 à 45

56 à 80

Absentéisme

235 à 416

502 à 720

Cessation d’activités

253 à 448

294 à 422

Décès prématurés

96 à 169

38 à 54

Malgré tout l’intérêt de ce genre d’études, trop rares, il convient de préciser qu’il s’agit d’une estimation a minima. En effet, 

  1. L’étude ne prend en compte q’un certain type de stress : le “job strain“, c’est-à-dire des situations associant une forte pression et une faible autonomie. Sont donc exclus des stresseurs tels que l’absence de soutien social ou de reconnaissance. A titre indicatif, le “job strain” représente moins d’1/3 des situations stressantes au travail. 
  2. L’étude se limite à la prise en compte de quelques pathologies : maladies cardio-vasculaires, dépression et troubles musculo-squelettiques, ignorant les maladies immunitaires et allergiques ou les désordes hormonaux. Elle ne prend pas davantage en compte des notions telles que la souffrance morale et la perte de bien-être.

Troisième exercice de relaxation (musculaire)

 La relaxation musculaire est une technique de détente corporelle basée sur la contraction-décontraction progressive de différents muscles. Le principe de base a été décrit par Jacobson.

 L’exercice que je vous propose s’intéresse à la partie supérieure du corps (visage, nuque, épaules) : une zone qui subit de fréquentes tensions et douleurs… Chaque étape peut être réalisée 1 à 3 fois selon le temps disponible. Chaque contraction musculaire se fait en inspirant, chaque repositionnement du corps se fait en expirant, et la durée de la contraction se passe en respirant normalement.

- Installez-vous confortablement (fauteuil, chaise…) dans un endroit calme et fermez les yeux.

- Basculez doucement la tête en avant, en inspirant. Maintenez la position quelques secondes (5 secondes) tout en respirant normalement, et en vous concentrant sur la tension musculaire dans votre nuque. Ramenez ensuite la tête dans l’axe du corps, en expirant. Restez ainsi quelques secondes (10-15 secondes) et prenez bien conscience de la détente qui s’opère dans les fibres musculaires de votre nuque. Répétez éventuellement 2 à 3 fois l’exercice.

- Basculer encore plus doucement et sans aller trop loin la tête en arrière. Maintenez la position quelques secondes (5 secondes) tout en respirant normalement, et en vous concentrant sur la tension musculaire dans votre cou. Ramenez ensuite la tête dans l’axe du corps, en expirant. Restez ainsi quelques secondes (10-15 secondes) et prenez bien conscience de la détente qui s’opère dans votre cou. Répétez éventuellement 2 à 3 fois l’exercice.

- Basculer la tête à gauche…

- Basculer la tête à droite…

- Lever les épaules…

- Lever les sourcils…

- Froncer les sourcils…

- Froncer le nez…

- Sourire jusqu’aux oreilles…

- Lever les épaules…

- Prenez bien conscience de l’état de détente, du relâchement de vos muscles et restez quelques secondes à respirer tranquillement, sans bouger. Puis bouger très lentement les doigts de vos mains, vos bras, vos orteils, vos jambes, etc., étirez-vous doucement, avant d’ouvrir les yeux et de vous lever pour reprendre vos activités. 

Note : Concentrez-vous bien sur les sensations liées à la contraction/décontraction des muscles. Isolez bien les muscles : vos yeux ne se plissent pas lorsque vous froncez le nez, et inversement, par exemple.