Qui dit nouvelle année, dit bonnes résolutions : s’inscrire dans une salle de gym, se mettre au régime, arrêter de fumer, aller voir sa grand-mère plus souvent, réviser ses cours régulièrement, s’actroyer du temps pour soi, passer plus de temps avec ses enfants, aller voir un psy…
Tout un chacun sait que ces bonnes résolutions de nouvel an ne sont généralement pas très stables dans le temps… Une étude vient le confirmer, indiquant que seuls 12 % des individus se sont tenus aux bonnes résolutions prises pour la nouvelle année.
Pourquoi cela fonctionne t-il si mal ? Pour des raisons diverses, qui ont trait à des objectifs trop ambitieux ou trop flous, à une absence de plan d’actions laissant libre cours aux habitudes, ou encore à un manque de recherche de soutien social par exemple. En outre, le changement d’année n’est en rien propice à un changement de vie, le plus petit soit-il. Pourquoi le serait-il, d’ailleurs ? La bonne date pour changer, est une date choisie par soi et pour soi, selon son calendrier propre et non un calendrier impersonnel, tout grégorien qu’il soit.
La difficulté réside dans l’application et le maintien à moyen et long termes des décisions prises. Quelques mesures permettent d’augmenter les chances de réussite pour instaurer puis maintenir le changement :
1 - Fixer un objectif réaliste
Un objectif réaliste est un objectif réalisable. Par exemple : si cela fait dix ans que vous n’avez pas fait de sport, il est inutile de vous fixer comme objectif d’en faire tous les jours. Non seulement c’est irréaliste, mais en plus vous courez droit à l’échec, donc à la déception, voire à la dépréciation, et finalement à l’abandon. C’est le cercle vicieux des barres placées trop haut. Passer de rien du tout depuis dix ans à une séance de sport par semaine est en revanche nettement plus réaliste. Et, si l’objectif devient réalisable, la satisfaction sera plus importante et le maintien, voire le passage à deux séances hebdomadaires, se feront sans efforts. C’est le cercle vertueux de la technique des petits pas.
Ne se fixer qu’une seule bonne résolution à la fois participe également au réalisme des changements attendus. Vouloir tout changer en même temps, c’est se mettre une pression drastique et inutile sur les épaules. La première cause d’échec chez les hommes est un objectif trop ambitieux.
2 - Déterminer des modalités de réalisation précises
Si je reste sur mon exemple, vous avez d’autant plus de chance de réellement vous mettre au sport si vous savez quel sport vous allez pratiquer, quel jour, à quelle heure, pendant combien de temps, à partir de quelle date, quel jour vous achetez la tenue necessaire et dans quel magasin, etc. Plus le plan d’action est précis, plus vous avez réfléchi et préparé le changement, plus les chances de succès augmentent.
3 - Anticiper les processus de mise en échec et parades possibles
Il s’agit de lister ce qui vous a fait échouer la dernière fois et/ou ce qui pourrait vous mettre en échec cette fois-ci ; autrement dit anticiper ce qui pourrait vous détourner de vos objectifs. Si par exemple, vous savez d’emblée que vous avez du mal à ressortir de chez vous le soir pour aller faire du sport parce que le froid et la fatigue vous donnent envie de rester tranquille, etc., vous avez intérêt à trouver a priori des parades à cette tendance. Par exemple : ne pas repasser chez vous et aller directement du travail à la salle de sport, pour éviter d’être tenté de rester chez vous ; faire du sport avec une amie et se donner rendez-vous sur place , pour se sentir davantage obligé d’y aller.
4 - Mettre en place un système de contrôle et de récompense
Un système d’évaluation permet de constater l’engagement pris avec soi-même et éventuellement les progrès. Toujours par rapport à l’exemple pris, noter l’évolution de sa fréquence cardiaque, la durée de sa course ou le poids des charges soulevées, etc., agit comme un renforcement positif.
Rendre compte de ses progrès ou difficultés à un tiers et recueillir ses encouragements et conseils est une attitude qui peut également soutenir la motivation. La première cause d’échec chez les femmes est le manque de recherche de soutien social : elles taisent leurs décisions pour éviter les jugements et se privent du même coup de l’appui de leur entourage.
De façon encore plus pragmatique, se récompenser au premier sens du terme, par un cadeau, à l’atteinte d’une étape ou à l’issue des objectifs visés est une forme d’encouragement et de valorisation de soi.