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Gastroplastie et consultation de psychologue

Selon les recommandations pour le diagnostic, la prévention et le traitement des obésités en France, une gastroplastie ne peut être pratiquée qu’après l’avis positif d’une équipe pluridisciplinaire : chirurgien, mais aussi médecin généraliste, diététicien, psychiatre, pneumologue, cardiologue, gastro-entérologue, etc. Il convient en outre, que le patient présente une IMC * au moins égale à 40 (35 si des problèmes de santé font courir un risque vital) et qu’il ait suivi une aide médicale plurielle durant au moins 6 à 12 mois (contrôle alimentaire, activité physique, suivi psychothérapeutique, aide médicamenteuse…), sans succès. 

Or, il semble que ces recommandations soient considérées avec beaucoup de légèreté. J’ai reçu il y a quelques jours une jeune femme candidate pour une gastroplastie. L’intervention chirurgicale devait intervenir… 12 jours plus tard, avec une IMC tout juste égale à 35, une multitude de régimes mais pas de suivi médical pluri-professionnel pendant au moins six mois, et aucune visite chez un psychiatre. 

Dans ce cadre, que signifie “équipe pluridisciplinaire” ? J’ai plutôt le sentiment d’être considérée comme une formalité dans ce parcours : un rendez-vous et on repart serein avec son autorisation-césame délivrée en une heure de temps par un(e) psychologue qui, j’ai l’impression, remplace de plus en plus souvent le psychiatre, plus difficile d’accès… surtout au dernier moment. 

Le chirurgien est souvent perçu comme le seul interlocuteur ; le rôle des autres professionnels et notamment du nutritionniste et du psychologue étant réduit à la portion congrue. Quel temps me donne t-on pour exercer correctement mon métier ? En une heure, j’ai tout juste le temps de faire connaissance avec la personne qui me consulte ; certainement pas de procéder à une évaluation de ses lignes de force ou faiblesses psychologiques pour faire face à ce type de chirurgie et à ses conséquences. 

* IMC (Indice de masse corporelle) = poids/taille²

Le bilan psychologique : une aide au développement personnel

 - Quel intérêt ? Je me connais, je n’ai pas besoin d’un bilan pour savoir qui je suis ! 

A peu de choses près, c’est la réponse que me fît un ami lorsque j’évoquais avec lui mon projet de développer l’approche du bilan psychologique au sein de ma pratique professionnelle. 

A bien y regarder, on peut effectivement se dire que la personne qui vit avec elle-même 24 heures sur 24 est peut-être la mieux placée pour savoir qui elle est et comment elle fonctionne. 

Et pourtant, les études montrent que l’estimation naïve de nos potentialités est très approximative. Ainsi, les corrélations entre autoévaluations et performances à des tests d’efficience intellectuelle avoisinent 0.30 *. En ce qui concerne les tests de personnalité, les corrélations entre autoévaluations et résultats sont à peine plus satisfaisantes à 0.40. Intuitivement, l’individu ne se connaît pas si bien et le bilan peut être, selon les cas, l’occasion de confirmer et affiner l’image que l’on a de soi, voire de découvrir véritablement un aspect de son fonctionnement psychologique. 

Idéalement, le bilan n’est pas une fin en soi. Au délà de la simple démarche diagnostique, il peut pour les personnes qui le souhaitent, être le point de départ de tout un travail personnel. Par l’enrichissement des représentations de soi, le bilan peut participer à un axe de développement de ses potentialités. En outre, le bilan lui-même participe à l’amélioration de l’image de soi. Une étude menée sur des étudiants indique que l’estime de soi augmente chez des personnes ayant bénéficié d’un retour de résultats après une évaluation psychométrique. 

* Comprise entre -1 et 1, une corrélation rend compte du degré de liaison entre deux variables. Plus une corrélation s’approche de zéro plus elle est insignifiante, plus elle s’approche des valeurs extrême -1 ou 1, plus elle est forte. A 0 la corrélation est nulle et les variables sont indépendantes. A -1 et 1 la corrélation est totale, les variables évoluant respectivement négativement (quand l’une augmente, l’autre diminue) ou positivement (quand l’une augmente, l’autre augmente également).

Bonnes résolutions : initier et maintenir le changement

Qui dit nouvelle année, dit bonnes résolutions : s’inscrire dans une salle de gym, se mettre au régime, arrêter de fumer, aller voir sa grand-mère plus souvent, réviser ses cours régulièrement, s’actroyer du temps pour soi, passer plus de temps avec ses enfants, aller voir un psy…

Tout un chacun sait que ces bonnes résolutions de nouvel an ne sont généralement pas très stables dans le temps… Une étude vient le confirmer, indiquant que seuls 12 % des individus se sont tenus aux bonnes résolutions prises pour la nouvelle année.

Pourquoi cela fonctionne t-il si mal ? Pour des raisons diverses, qui ont trait à des objectifs trop ambitieux ou trop flous, à une absence de plan d’actions laissant libre cours aux habitudes, ou encore à un manque de recherche de soutien social par exemple. En outre, le changement d’année n’est en rien propice à un changement de vie, le plus petit soit-il. Pourquoi le serait-il, d’ailleurs ? La bonne date pour changer, est une date choisie par soi et pour soi, selon son calendrier propre et non un calendrier impersonnel, tout grégorien qu’il soit.

La difficulté réside dans l’application et le maintien à moyen et long termes des décisions prises. Quelques mesures permettent d’augmenter les chances de réussite pour instaurer puis maintenir le changement :

1 - Fixer un objectif réaliste

Un objectif réaliste est un objectif réalisable. Par exemple : si cela fait dix ans que vous n’avez pas fait de sport, il est inutile de vous fixer comme objectif d’en faire tous les jours. Non seulement c’est irréaliste, mais en plus vous courez droit à l’échec, donc à la déception, voire à la dépréciation, et finalement à l’abandon. C’est le cercle vicieux des barres placées trop haut. Passer de rien du tout depuis dix ans à une séance de sport par semaine est en revanche nettement plus réaliste. Et, si l’objectif devient réalisable, la satisfaction sera plus importante et le maintien, voire le passage à deux séances hebdomadaires, se feront sans efforts. C’est le cercle vertueux de la technique des petits pas.

Ne se fixer qu’une seule bonne résolution à la fois participe également au réalisme des changements attendus. Vouloir tout changer en même temps, c’est se mettre une pression drastique et inutile sur les épaules. La première cause d’échec chez les hommes est un objectif trop ambitieux.

2 - Déterminer des modalités de réalisation précises

Si je reste sur mon exemple, vous avez d’autant plus de chance de réellement vous mettre au sport si vous  savez quel sport vous allez pratiquer, quel jour, à quelle heure, pendant combien de temps, à partir de quelle date, quel jour vous achetez la tenue necessaire et dans quel magasin, etc. Plus le plan d’action est précis, plus vous avez réfléchi et préparé le changement, plus les chances de succès augmentent. 

3 - Anticiper les processus de mise en échec et parades possibles

Il s’agit de lister ce qui vous a fait échouer la dernière fois et/ou ce qui pourrait vous mettre en échec cette fois-ci ; autrement dit anticiper ce qui pourrait vous détourner de vos objectifs. Si par exemple, vous savez d’emblée que vous avez du mal à ressortir de chez vous le soir pour aller faire du sport parce que le froid et la fatigue vous donnent envie de rester tranquille, etc., vous avez intérêt à trouver a priori des parades à cette tendance. Par exemple : ne pas repasser chez vous et aller directement du travail à la salle de sport, pour éviter d’être tenté de rester chez vous ; faire du sport avec une amie et se donner rendez-vous sur place , pour se sentir davantage obligé d’y aller.

4 - Mettre en place un système de contrôle et de récompense

Un système d’évaluation permet de constater l’engagement pris avec soi-même et éventuellement les progrès. Toujours par rapport à l’exemple pris, noter l’évolution de sa fréquence cardiaque, la durée de sa course ou le poids des charges soulevées, etc., agit comme un renforcement positif.

Rendre compte de ses progrès ou difficultés à un tiers et recueillir ses encouragements et conseils est une attitude qui peut également soutenir la motivation. La première cause d’échec chez les femmes est le manque de recherche de soutien social : elles taisent leurs décisions pour éviter les jugements et se privent du même coup de l’appui de leur entourage.

De façon encore plus pragmatique, se récompenser au premier sens du terme, par un cadeau, à l’atteinte d’une étape ou à l’issue des objectifs visés est une forme d’encouragement et de valorisation de soi.

Soutien social et santé

Le soutien social, plus encore que le réseau social lui-même, est un puissant modérateur du stress. Il joue en outre un rôle fondamental sur la santé ; les études témoignent des effets bénéfiques du soutien social sur la santé physique mais surtout mentale.

On sait depuis une trentaine d’années que la solitude a des effets préjudiciables sur la santé physique ; le soutien social est associé à des taux moindres de morbidité et de mortalité. Une des toutes premières études épidémiologiques sur le sujet a porté sur la relation entre soutien social et taux de survie sur 9 années. Elle indique que le fait de vivre seul et d’être peu entouré sur un plan familial ou amical multiplie en moyenne par 2,5 le risque de décès toutes causes confondues, notamment chez les sujets les plus âgés, et par 3,5 le risque de mortalité coronarienne. Chez les malades eux-mêmes, cardiopathes, cancéreux, lombalgiques, etc., un soutien social adapté est associé à une évolution plus favorable de la maladie.

Il en est de même sur le plan psychologique, le lien entre soutien social et santé mentale étant encore mieux établi. Il existe une corrélation négative entre le soutien social et divers troubles psychiques, tels que l’anxiété, la dépression, les tentatives de suicide, etc., ces troubles étant d’autant plus fréquents que le soutien social perçu est faible. La dépression post-partum, par exemple, est d’autant plus intense que le réseau social et le soutien spécifique du père de l’enfant sont réduits. Face à un événement de vie majeur, le risque de développer un état dépressif est multiplié par 10 pour les femmes qui n’ont trouvé personne à qui confier leur détresse. 

Les cinq événements les plus stressants selon l’une des échelles de stress les plus connues (Holmes et Rahe, 1967) sont d’ailleurs de nature sociale et relatifs à la rupture de liens : mort du conjoint, divorce, séparation conjugale, période de prison et décès d’un parent proche. La rupture de liens familiaux et amicaux importants est liée à des problèmes ultérieurs de santé. Au début du 19ème siècle, lorsque les prisons mirent en place le système pennsylvanien qui supprimait tout contact entre les détenus, les maladies psychosomatiques explosèrent. A la fin de la deuxième guerre mondiale, les travaux de Spitz sur l’hospitalisme décrivent le retard de développement moteur et mental des nourrissons abandonnés et placés en hospice.

Les liens sociaux sont sources d’équilibre et d’adaptation plus importants. Ils renforcent les ressources perçues comme le sentiment de contrôle ou l’estime de soi, ils favorisent la mise en oeuvre de stratégies de faire face plus efficientes, ils réduisent l’affectivité négative, telle que la détresse morale ou l’angoisse, avec pour effet indirect d’optimiser les systèmes neuro-endocrinien et immunitaire.

Les quatre temps de l’anxiété aux examens

L’anxiété est normale face à un événement dont l’issue demeure inconnue. Que les examens génèrent de l’anxiété est plutôt banal, voire même souhaitable dans le sens où elle traduit la motivation inhérente et permet d’augmenter la performance. En revanche, lorsque cette anxiété est excessive, elle peut conduire à l’échec des étudiants compétents et travailleurs en venant perturber les processus mentaux nécessaires à la réussite.

Lorsqu’on évoque l’anxiété aux examens, on pense souvent au stress de la préparation, aux heures passées à réviser, aux sautes d’humeur, aux crises de larmes, aux problèmes attentionnels, aux nuits blanches la veille de l’échéance, etc.

Pourtant, l’anxiété aux examens peut s’exprimer à quatre étapes différentes :

  • Etape de l’anticipation

C’est le stade préparatoire durant lequel les étudiants travaillent, planifient leurs révisions, développent des techniques d’apprentissage, etc.

L’anxiété naît le plus souvent de la confrontation entre le temps restant pour les apprentissages et la quantité de travail à produire d’ici l’échéance. Ceux qui n’ont pas travaillé régulièrement durant l’année prennent la mesure du danger : celui de ne pas être prêt, de ne pas avoir le temps de tout faire, de devoir bacler, voire de devoir faire des coupes franches dans le programme. 

L’anxiété se caractérise à ce stade par des troubles de l’attention et des difficultés de concentration, donnant le sentiment (réel ou non) d’un travail inefficace et lent extrêmement décourageant. Fatigue et changements de rythme accentuent encore la baisse d’efficience. Chez ceux qui ont une faible estime de soi, le manque de confiance en ses compétences et les doutes vont venir miner le moral d’une part et le travail de révision d’autre part.

  • Etape de la confrontation

C’est le stade de l’examen lui-même.

A l’écrit, deux moments sont particulièrement critiques : celui où l’étudiant prend connaissance du sujet et les derniers instants de l’examen lorsque le temps presse pour terminer son travail. A l’oral, ce sont surtout les premiers instants qui sont les plus difficiles, lors de la confrontation au jury et des premières questions…

Les connaissances insuffisantes, le peur de l’échec et les manifestations anxieuses s’unissent pour perturber la qualité du travail : dévalorisation de soi, pensées négatives, tête vide, concentration perturbée, idées désorganisées, agitation, troubles de l’élocution…

  • Etape de l’attente

C’est le stade où l’examen est terminé, mais les résultats non encore publiés.

L’incertitude n’est plus sur la nature de l’examen mais sur son issue. Même s’il s’agit souvent d’un stade de lâcher prise dû à l’absence de contrôle qui le caractérise, l’anxiété peut naître de l’incertitude du résultat, des doutes relatifs à la qualité du travail rendu.

  • Etape du résultat

C’est le stade où les étudiants prennent connaissance de leurs résultats.

Toutes les incertitudes à propos des résultats sont levées, l’étudiant sait s’il a réussi ou non, et dans quelle mesure. En cas d’échec ou de déception, les implications prennent corps.

L’anxiété aux examens

Les étudiants avec un fort taux d’anxiété aux examens présentent en situation d’évaluation une diminution significative de leurs performances, par rapport à des étudiants peu anxieux. Interfèrent avec l’accomplissement optimal de la tâche toute une série d’éléments tels que : les expériences passées, les exigences personnelles, l’estime de soi, les attentes (réelles ou perçues) de la famille et des enseignants…

C’est le suicide de deux étudiants à l’approche de leurs examens qui enclencha en 1938 les premiers travaux de recherche sur le sujet, dans le but de détecter les étudiants à risque.

Entre inquiétude, pensées négatives et troubles attentionnels, l’élément central de l’anxiété aux examens est de nature cognitive :

  • la situation est perçue comme menaçante, risquée ou trop difficile
  • l’étudiant se déprécie et s’estime incompétent
  • l’étudiant anticipe l’échec et se focalise sur les conséquences négatives d’un échec
  • les troubles cognitifs s’intensifient : attention, concentration, compréhension, mémorisation, organisation de la pensée sont altérées

Une caractéristique des sujets anxieux, est que plus le temps s’écoule et que l’examen approche ou s’achève, plus les pensées négatives sont nombreuses et plus les troubles cognitifs sont importants.

Les étudiants les plus anxieux sont davantage auto-critiques et pessimistes quant à leurs performances, même si leurs résultats n’en sont pas forcément moins bons que ceux des moins anxieux. C’est l’évaluation qu’ils font d’eux-mêmes et de leurs performances qui est en jeu : Je ne vais pas y arriver ; Je vais me planter ; Je n’ai pas le niveau ; Je ne suis pas prêt ; C’est de ma faute, je n’ai pas assez travaillé ; Je vais être le mouton noir de la famille ; Je vais décevoir mon père ; Je suis trop bête pour réussir… 

Le stress naît du décalage perçu entre les exigences d’une situation et les ressources dont l’individu dispose pour y faire face. 

Les étudiants fortement anxieux se distinguent des autres par un dialogue interne plus critique et négatif, qui engendre des réactions et des comportements différents. Jusqu’à un certain degré, l’anxiété permet de se motiver, de travailler plus, de mieux s’organiser, etc., mais à partir d’un certain seuil, elle devient plus handicapante que bénéfique et altère les capacités de faire face.

Restriction de l’attention - Durant l’examen, les étudiants anxieux dirigent une bonne partie de leur attention vers eux aux dépens de la tâche à réaliser. Cela contribue à diminuer leur performance effective mais aussi à augmenter l’angoisse. 

Efficacité moindre - Comparativement aux anxieux modérés, les étudiants très anxieux présentent des différences dans leur manière d’étudier, de se préparer à un examen et de passer une épreuve. Ils ont par exemple tendance à réduire au maximum les périodes (culpabilisante et angoissante) de repos, ce qui augmente l’inefficacité. 

Deux évaluations cognitives sont en jeu : 

L’évaluation primaire - Elle renvoie à la signification de la situation d’examen pour l’individu, à son enjeu. Est-ce un défi ? Est-ce une menace ? Est-ce une perte ? Selon la réponse, l’individu se trouve en situation de prouver ou de se prouver quelque chose, d’évoluer, etc., ou se sent en danger et tente de maîtriser la situation, ou encore a subi des dommages (en termes d’estime de soi, de statut social…).

La différence entre le défi et la menace est une question de tonalité positive ou négative. Plus de 90 % des étudiants ressentent des sentiments de défi et de menace deux jours avant un examen, qui diminuent par la suite. Les sentiments de perte se manifestent à la publication des résultats, en cas d’échec ou de notes décevantes.

L’évaluation secondaire - Elle renvoie aux ressources dont dispose l’individu pour affronter la situation d’examen : aptitudes, travail fourni, connaissances acquises, soutien de l’entourage…

Les étudiants les plus anxieux présentent des évaluations primaire et secondaire plus négatives : ils amplifient les enjeux de la situation, majoritairement perçue comme menaçante, et dévaluent conjointement leurs ressources d’adaptation.

 

Toucher, pour maintenir l’implication des personnes âgées

La communication passe par de nombreux aspects non-verbaux du langage : mimiques, postures, gestuelles, intonation de la voix… ; au point que les mots ne compteraient que pour 7 % du message transmis.

De tous les vecteurs de communication, le toucher est une des sources d’influence les plus efficaces. Le fait de toucher une personne l’incite plus facilement à donner de l’argent à un passant dans la rue ou à répondre à une enquête. Un serveur obtient plus de pourboire s’il touche ses clients. Un vendeur allonge la durée passée dans le magasin et finalise plus de ventes s’il touche les consommateurs. Etc. 

Outre ces aspects, les études sur le toucher ont des applications tout à fait intéressantes en termes d’implication et de motivation. Aussi, toucher les personnes âgées augmente le respect des recommandations qui leur sont faites. 

Avec l’avancée en âge, il arrive très souvent que les personnes perdent leur entrain : l’envie de vivre est réduite, la curiosité pour le monde restreinte, l’appétit diminué, etc. Or, il est essentiel de maintenir chez la personne âgée le désir et la motivation afin de prévenir le repli sur soi et les manifestations dépressives. 

  • Une étude a ainsi montré qu’un encouragement à manger accompagné d’un contact tactile de quelques secondes de la part du personnel, permet d’augmenter le nombre de calories et de protéines absorbées spontanément par les résidants, comparativement à un seul encouragement verbal. Cet effet bénéfique perdure en outre sur plusieurs jours.
  • Dans la même idée, les personnes âgées s’impliquent également davantage dans les ateliers de travaux manuels lorsque les animateurs prennent le temps de les toucher quelques instants tout en dispensant leurs consignes.

Le toucher est un outil à utiliser avec une infinie précaution car il peut être vécu comme une intrusion de l’espace personnel et un excès de familiarité. Néanmoins, un contact chaleureux d’une ou deux secondes sur le bras ou l’épaule peut faciliter l’acceptation d’une requête.

Insomnie & thérapies comportementale et cognitive (TCC)

Il existe des alternatives à la prise de somnifères. On sait aujourd’hui que des facteurs psychologiques jouent un rôle essentiel dans le developpement et le maintien des troubles du sommeil, sur lesquels il est possible de travailler en thérapie. Depuis quelques années se développent des traitements psychologique pour l’insomnie , relevant notamment des thérapies comportementales et cognitives (TCC) .

Le somnifère a pour lui d’être pratique. Il est efficace rapidement. Il constitue un traitement peu couteux. Et, il ne nécessite aucun effort. Les thérapies comportementale et cognitive présentent, il faut bien l’admettre, les inconvénients strictement inverses.  Trouver des solutions, changer ses habitudes, modifier ses croyances, voir les troubles diminuer peu à peu, nécessite des efforts et une discipline autrement plus difficiles que la simple ingestion d’un comprimé. A contrario, la satisfaction n’est pas la même… Elles permettent en outre de développer des ressources adaptatives naturelles de l’individu, qui pourront être ultérieurement transposables à d’autres situations.

Les thérapies comportementale et cognitive vise à agir sur les facteurs qui favorisent le cercle vicieux de l’insomnie : les pensées, les émotions et les comportements. Aussi, la pensée "Je ne vais encore pas dormir. Je vais m’énerver et me tourner dans tous les sens pendant des heures et demain je serai crevé comme d’habitude ", peut générer des émotions telles qu’anxiété, appréhension et colère, qui ne sont évidemment pas favorables pour instaurer l’apaisement propice à l’endormissement et qui peuvent inciter à des comportements non adaptés qui vont agraver les troubles du sommeil : repousser le moment d’aller se coucher et rester jusqu’à des heures tardives devant la télévision, ou transformer son lit, devenu objet d’angoisse, en bureau, scène de loisirs ou salle à manger, ou passer un temps excessif au lit dans l’espoir de trouver le sommeil, etc.

Il est possible d’intervenir à chacun de ces niveaux (pensées/émotions/comportements) pour introduire des changements bénéfiques :

  • Dédramatiser et gérer ses pensées négatives.

Aller se coucher en se disant "Il faut à tout prix que je m’endorme rapidement ce soir ", contribue à augmenter la pression. Essayer de dormir, se forcer à dormir, se concentrer pour dormir est la pire erreur que puisse faire un insomniaque, car cela accentue la vigilance. Or, s’endormir suppose au contraire de lâcher prise.  Se dire "L’insomnie risque de me causer à force de sérieux ennuis au boulot " crée une inquiétude qui ne peut favoriser l’endormissement.

La manière dont est perçue et interprétée l’insomnie influence l’état émotionnel et les attitudes. Aussi, la thérapie cognitive vise à identifier ces pensées négatives, à en évaluer l’impact sur le sommeil et à les remplacer par des pensées plus adaptées, moins néfastes à l’endormissement. Les coyances sur le sommeil font également l’objet d’une réflexion, le caractère irréaliste de certaines pouvant interférer avec le sommeil.

  • Gérer ses émotions et apprendre à se détendre.

L’appréhension à l’idée de ne pas dormir ou la colère face à l’insomnie, par exemple, sont des émotions négatives qui empêchent le sommeil et aggravent l’insomnie. On ne peut pas être à la fois anxieux ou colérique ET détendu. Chez certains, la simple vue du lit suscite frustration et anxiété.

Il est donc important de ne pas laisser s’installer ces émotions négatives, qui en plus d’être déplaisantes s’accompagnent généralement d’une kyrielle de manifestations psychosomatiques gênant le sommeil (accélération du rythme cardiaque, augmentation de la température, oppression respiratoire…). L’apprentissage de techniques de relaxation peut dans ce contexte être un moyen de se détendre et de favoriser l’endormissement ou le ré-endormissement.

  • Modifier ses comportements et son hygiène de vie.

Travailler dans son lit, par exemple, c’est associer celui-ci à un lieu d’éveil et de stimulation intellectuelle. Cette excitation est incompatible avec le calme que nécessite le sommeil. Travailler dans son lit, n’est pas en soi un comportement à éliminer : s’il n’y a pas de troubles du sommeil… pourquoi pas ! Par contre, s’il y a troubles du sommeil, c’est une habitude sur laquelle il convient de travailler.

La thérapie comportementale vise à introduire des changements sur le plan comportemental, de façon à réduire les habitudes et styles de vie qui entretiennent le problème tout en favorisant une hygiène de vie plus équilibrée.

En général, une petite dizaine de séances hebdomadaires permettent d’obtenir de bons résultats et de constater les premières améliorations.

Arrêter de fumer

Arrêter de fumer est une démarche difficile, car la perspective même de vivre sans tabac semble impossible au fumeur. Le manque physique fait peur, et puis il y a tout ce que l’on craint de perdre en arrêtant : le plaisir de fumer, une certaine convivialité, une stimulation intellectuelle, une contenance, une image de soi, une façon de s’occuper les mains, ou encore, un moyen de se détendre pour lutter contre le stress de la vie quotidienne.

La rechute est fréquente et normale lorsqu’il s’agit de se dégager d’une dépendance aussi forte. Interprêtez-la davantage comme une étape dans votre démarche d’arrêt que comme un échec, car cette tentative d’arrêt vous offre une connaissance incomparable sur votre relation au tabac et le prochain essai sera plus facile à réussir.

Arrêter de fumer 1 heure, 1 journée, 1 mois ou 1 an permet toujours d’apprendre quelque chose d’utile sur sa dépendance : ce qui aide ou non à faire passer l’envie impérieuse de se jeter sur la première cigarette venue, les situations à risque qui sont le plus souvent liées à des émotions négatives ou à des moments de convivialité, les cigarettes qui ne procurent aucun plaisir et sont fumées plus par automatisme qu’autre chose, celles au contraire dont on n’imagine par un seul instant pouvoir se priver tant elles soulagent, etc.

Si vous êtes tenté(e) d’arrêter, mais que vous ne vous sentez pas encore prêt(e) à passer à l’action, je peux vous aider à préparer cet arrêt et mettre ainsi toutes les chances de votre côté pour le jour où vous déciderez de faire le grand saut. La préparation est une phase essentiel à l’arrêt : elle permet d’anticiper les difficultés, de réfléchir aux solutions qui existent pour les contourner, et surtout de s’entraîner afin d’acquérir progressivement de nouveaux réflexes alternatifs à la consommation. Si au contraire vous vous sentez prêt(e) à arrêter ou si vous avez déjà arrêté, je peux vous aider à franchir le pas ou à vous maintenir dans le processus d’arrêt engagé.

Arrêter de fumer s’apprend . Ce qui fait le succès à long terme d’un sevrage tabagique, c’est bien souvent d’avoir développé de nouveaux apprentissages dans les situations où habituellement vous fumez. Vous n’avez pas appris à conduire du jour au lendemain mais à l’issue d’un apprentissage, fait de répétitions. Il en est de même pour s’affranchir du tabac : c’est par la répétition de situations vécues sans cigarette à la main , que vous apprendrez progressivement à vous en détacher.

Vous fumez aujourd’hui parce que vous éprouvez le besoin de ressentir les effets de la nicotine dans votre corps mais aussi par habitude. Certaines cigarettes sont allumées sans même que vous vous en rendiez compte, dans certaines situations. Et, ces situations sont progressivement devenues des stimuli invitant, par habitude, à allumer une cigarette. C’est ainsi, que vous allumez une cigarette dès que vous êtes au téléphone ou dès que vous êtes en voiture, par exemple, parce que le téléphone et la voiture sont associés à la consommation et pas, nécessairement, parce que vous avez besoin de fumer.

Lorsqu’après des mois d’abstinence, on reprend « bêtement » une cigarette, ce n’est pas pour combler un manque en nicotine, mais pour combler un vide d’un autre type : une absence, une angoisse, un doute, un temps mort… En quelques semaines de sevrage, le manque physique ne se fait plus ressentir. Les substituts nicotiniques ont ici tout leur rôle à jouer. En revanche, le manque psychologique (lié aux sensations de plaisir, de détente, de stimulation intellectuelle, etc. ressenties lorsque l’on fume et associées aux gestes, aux automatismes et aux habitudes de fumer dans certaines circonstances), perdure, lui, beaucoup plus longtemps.

C’est cette dépendance psychologique au tabac qu’il convient essentiellement de vaincre et que permet un travail sur soi et sur ses habitudes, afin d’apprendre progressivement à vivre toutes ces situations qui appellent à fumer, sans cigarette . Que vous soyez déjà dans les joies et les affres du sevrages, ou que vous envisagiez d’arrêter dans quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, n’hésitez pas à vous faire accompagner dans cette démarche personnelle.