Mémoire Alzheimer
Les troubles de la mémoire sont les signes évocateurs les mieux connus de la maladie d’Alzheimer.
Ils font même l’objet de remarques anxio-humoristiques au moindre petit oubli. Il faut néanmoins distinguer les oublis bénins des oublis pathologiques. Oublier un rendez-vous, oublier l’endroit où on a rangé ses clés, etc. peut arriver à tout le monde et n’est pas nécessairement l’indice avant-coureur d’une maladie d’Alzheimer. 70 à 80 % des personnes âgées se plaignent de pertes de mémoire et s’en inquiètent ; des dizaines d’explications sont possibles.
La difficulté réside dans le fait que les symptômes précoces de la maladie d’Alzheimer se confondent avec les premiers signes du vieillissement cérébral normal. Il est donc essentiel d’examiner finement les choses.
0n distingue classiquement deux grands types de mémoire : la mémoire à court terme et la mémoire à long terme.
La mémoire à court terme englobe :
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la mémoire immédiate (de quelques secondes à 2-3 minutes). Le malade ne se souvient pas de ce ce qu’il vient tout juste de faire, dire, voir, entendre…
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la mémoire récente (de quelques minutes à 2-3 heures). Le malade ne se souvient pas de qui il vient d’avoir au téléphone, de ce qu’il a mangé à midi…
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la mémoire de travail (le temps d’une tâche d’apprentissage ou de raisonnement). Le malade est incapable d’apprendre un nouveau jeu, car il ne peut assimiler les règles, par exemple.
La mémoire à long terme englobe :
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la mémoire épisodique (événements de vie dans leur contexte). Le malade n’est plus capable de se rappeler un évenement dans son contexte (temps et lieu)
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la mémoire sémantique (concepts, connaissances). Le malade oublie les connaissances acquises au cours de sa vie, la signification des concepts, des mots…
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la mémoire procédurale (habiletés motrices). Le malade n’est plus capable de conduire, de jouer du piano, manipuler un ordinateur, utiliser un aspirateur, …
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la mémoire biographique (événements de vie avant 6 ans). Le malade oublie ce qui a trait aux premières années de sa vie : souvenir des parents, langue maternelle, comptines…
La mémoire à court terme est la première atteinte dans la maladie d’Alzheimer, la mémoire à long terme étant préservée quelques années. C’est pourquoi les personnes reposent la même question à quelques minutes d’intervalle, oublient pourquoi elles s’apprêtaient à sortir, sont incapables de se souvenir des consignes que l’on vient de leur donner, etc., tout en étant capable de parler avec beaucoup de précisions d’événements très anciens de leur vie ou de retrouver les paroles d’une vieille chanson chantée par leur nourrice.
Différentes parties du cerveau sont impliquées dans la mémoire. L’hippocampe est le siège des nouveaux souvenirs, le lobe temporal celui de la mémoire sémantique, les ganglions de la base celui de la mémoire procédurale, etc. Ces différentes parties du cerveau n’étant pas affectées en même temps mais de manière progressive par la maladie, cela explique que certaines formes de mémoire soient déficientes alors que d’autres semblent encore très efficaces, comme la mémoire procédurale à laquelle on peut faire appel longtemps.
Au début de la maladie, la capacité à créer de nouveaux souvenirs est altérée, mais les souvenirs lointains sont conservés. Les mois et les années passant, la mémoire des souvenirs anciens se dégrade également. Les troubles de la mémoire fonctionnent à rebours, les oublis remontant de plus en plus loin dans le temps. C’est pourquoi les malades vont cesser de reconnaître les personnes de leur entourage en fonction de leur apparition dans leur vie : d’abord les connaissances, puis les petits-enfants, les enfants, le conjoint…
Ces troubles de la mémoire ont également pour conséquences de faire vivre les malades à côté du présent. Un malade qui a oublié les 20, 30 ou 40 dernières années de sa vie, vit et se comporte parfois comme si il avait 20, 30 ou 40 ans de moins : il veut aller chercher ses enfants à l’école, se lève à 5 heures du matin pour aller travailler, prend son épouse pour sa mère, etc.,
La maladie d’Alzheimer ne se limite pas aux troubles mnémoniques, toutes les facultés intellectuelles étant peu à peu altérées.