La maladie d’Alzheimer
Cette maladie est une affection neuro-dégénérative du système nerveux central, se caractérisant par une détérioration irréversible et progressive des fonctions cognitives : fonctionnement exécutif, mnésique, cognitif, moteur, psychologique et comportemental.
6,5 % des personnes de plus de 65 ans sont atteintes de la maladie d’Alzheimer en France. Cette maladie augmente avec l’âge : elle concerne moins de 1 % des 60-69 ans et plus de 20 % des 90 ans et plus. La maladie d’Alzheimer est une des maladies liées à l’âge les plus fréquentes. En 2004, elle affectait 850 000 personnes en France, avec une estimation de 225 000 nouveaux cas chaque année.
Son nom vient d’un médecin psychiatre et neuropathologiste allemand Alois Alzheimer (1864-1915), qui le premier a diagnostiqué cette maladie chez une patiente, présentant de nombreux troubles de la mémoire, des difficultés de compréhension, une aphasie, une désorientation et des hallucinations. Au décès de sa patiente, il procéda à une autopsie et observa une atrophie du cerveau et deux lésions, qui sont toujours aujourd’hui considérées comme caractéristiques de la maladie d’Alzheimer :
- Les plaques séniles se caractérisent par l’accumulation de protéine amyloïdes-β qui apparaissent sous la forme de “pastilles” situées entre les neurones.
- Les dégénérescences neurofibrillaires se caractérisent par des “cordelettes” de protéines tau qui se désagrègent à l’intérieur des neurones.
Du fait de l’action combinée des plaques séniles et des dégénérescences neurofibrillaires, les neurones fonctionnent mal et finissent par mourir.
La maladie s’installe de façon insidieuse et progressive, ce qui explique le diagnostic tardif et difficile. Le premier stade de la maladie est dit „latent”, car les plaques et les écheveaux commencent à se former, notamment dans l’hippocampe (siège essentiel de la mémoire , notamment dans la formation des nouveaux souvenirs), bien avant les premiers troubles, et ce, jusque 20 ans avant les premiers symptômes.
Il existe en réalité deux formes de la maladie : une forme familiale (moins de 5 % des malades) caractérisée par un début précoce à partir de 30 ans, héréditaire, et une forme sporadique, caractérisée par un début tardif à partir de 65 ans, d’origine multi-factorielle (terrain génétique, facteurs de risque). On a longtemps considéré comme pathologique la forme familiale de la maladie d’Alzheimer, car advenant à des personnes jeunes. Il a fallu attendre les années 70 pour considérer que la forme sporadique survenant après 65 ans n’est pas plus normale.
Pour l’heure, il n’existe aucun traitement curatif. Les médicaments actuels permettent simplement de ralentir le processus et d’améliorer les symptômes. Deux types de neurones sont particulièrement fragilisés par les lésions du cerveau : les neurones glutamatergiques et cholinergiques. Quatre médicaments sont actuellement sur le marché : ARICEPT©, EXELON©, REMINIL© et EBIXA©. Les 3 premiers agissent sur l’acétylcholine, le dernier sur le glutamate. Cette double action permet aujourd’hui de faire des multi-thérapies plus efficaces. Leur efficacité est d’autant plus importante qu’ils sont pris à un stade précoce de la maladie.