Vous avez une plaque ?
L’autre jour, j’ai reçu un coup de fil. Un homme. Il souhaite venir en consultation avec son amie, car elle veut le quitter. Il veut savoir si je reçois les couples. Je réponds bien évidemment par l’affirmative, en précisant que c’est l’idéal de venir ensemble lorsque les deux partis sont d’accord. Je lui demande si son amie serait a priori d’accord pour venir avec lui. Il n’en est pas bien sûr.
- “Est-ce que vous avez une plaque ? “
Je n’ai pas de plaque. Enfin… si, j’en ai bien une, rangée… Il y a un an, lorsqu’une collègue est venue partager mon cabinet et a installé sa propre plaque, j’en ai fait faire une. Ce n’était pas compréhensible qu’elle ait une plaque et pas moi, alors je l’ai fait faire. Mais à vrai dire, je tarde un peu à l’installer !
Ca me plaisait bien cette entrée anonyme. Les personnes qui venaient me consulter sonnaient à une simple porte. Une porte parmi d’autres, sans distinction. C’était discret et si la plupart de mes patients n’ont jamais évoqué la question, ni en bien ni en mal, quelques-uns m’ont dit apprécier.
Bref, je reviens à mon coup de téléphone.
Il y a donc la plaque de ma collègue et je le lui dit. Mais la question me surprend et je lui demande le pourquoi de cette question.
- “J’aurais pu l’amener sans qu’elle sache où elle allait. Sans plaque, elle ne l’aurait su qu’au dernier moment, une fois en face de vous“.
Certes ! J’ai souris intérieurement. Et, elle aurait sans doute apprécié le piège ! Tournée de talons et claquement de porte en perspective… Pas étonnant qu’elle veuille le quitter. Ca, je ne l’ai évidemment pas dit à mon interlocuteur. Le premier contact par téléphone est parfois l’occasion d’une première intervention thérapeutique. Comme j’avais un peu de temps devant moi, j’ai pris le temps de lui expliquer deux ou trois choses.