COVID-19 & détresse psychologique des chinois

Les résultats de la 1ère enquête nationale sur la détresse psychologique de la population chinoise pendant la pandémie de COVID-19 sont parus.

Pour lire l’article dans son ensemble, c’est ici !

Sinon, qu’apprend-on dans cet article soumis à publication en plein cœur de la crise sanitaire qui touche alors la Chine (25 février 2020) ?

Pour mener l’étude, un questionnaire a été proposé à la population chinoise via le net. Les questions explorent divers aspects de la détresse psychologique ressentie, c’est-à-dire évaluée par l’individu lui-même : anxiété, dépression, symptômes physiques, comportements compulsifs, fonctionnement social, etc.

L’étendue du questionnaire va de 0 à 100. Un score compris entre 28 et 51 renvoie à une détresse légère à modérée et à partir de 52 à une détresse sévère. Pour les connaisseurs… la validité du questionnaire rend compte d’un Alpha de Cronbach égal à 0,95 (p<0,001).

Entre le 31 janvier et le 10 février, 52 730 réponses valides ( 35 % sont des hommes – 65 % sont des femmes) ont permis l’analyse. Il en ressort :

  • Le score moyen (Ecart-Type) de détresse psychologique ressentie est 23,65 (14,45).
  • Près de 35% des chinois sont en souffrance : 5 % obtiennent un score supérieur à 52, signe d’une détresse sévère ; 29 % obtiennent un score compris entre 28 et 51, signe d’une détresse légère à modérée.
  • Les femmes sont significativement plus en détresse que les hommes : 24,87 versus 21,41 (p<0,001).
  • Les 18-30 ans et les plus de 60 ans sont les classes d’âges les plus en détresse ; respectivement 27,76 et 27,49. Les mineurs sont les moins impactés.
  • Les travailleurs migrants sont les plus affectés de toutes les classes professionnelles avec un score de 31,89.
  • Les foyers épidémiques sont les zones géographiques où la détresse est la plus grande avec un score de 30,94.

On pourrait modérer les résultats en précisant que le jour où l’étude démarre, les chinois viennent de vivre 3 annonces particulièrement stressantes qui peuvent influencer les résultats : la confirmation officielle de la transmission interhumaine du virus (20 janvier), la mise en quarantaine stricte de Wuhan (22 janvier) et l’annonce par l’OMS que le nouveau coronavirus est une urgence de santé internationale (31 janvier). Les chercheurs observent en effet une diminution de la détresse perçue sur la dizaine de jours que dure l’étude.

Néanmoins, d’autres travaux indiquent par ailleurs (un autre article en préparation… ) que le stress dépend de la durée du confinement… Le temps passant permettra probablement aux chercheurs chinois d’approfondir leur investigation.

On peut retenir qu’un tiers de la population environ semble psychologiquement plus vulnérable en début de confinement : les personnes âgées, les jeunes adultes, les femmes, les travailleurs précaires… et qu’il convient de prendre soin de soi et d’être attentif à chacun pendant la quarantaine… mais aussi après. J’y reviendrai.

Soyons aussi positif ! Cela signifie que pour les deux tiers de la population, cette (première) étape où s’entremêlent prise de conscience du risque sanitaire et changement brutal d’habitudes (dans toutes les sphères de sa vie : couple, famille, travail, amis, loisirs…), se gère sans trop de détresse.