La sixième partie de cette étude s’emploie à proposer une analyse thématique de contenu des entretiens réalisés, intégrant les données quantitatives recueillies par les différents questionnaires utilisés. Au détriment de la structure singulière qui caractérise les entretiens, une structure thématique inter-sujets est ici recherchée (Blanchet & al., 1992). Les thèmes explorés et la grille d’analyse reposent essentiellement sur les modèles théoriques du stress et du traumatisme psychique. Néanmoins, pour répondre à la dimension également exploratoire de cette recherche, certains thèmes principaux ou secondaires ont été explorés ou approfondis à partir de la lecture du corpus.
C’est une présentation de la manière dont a été vécue l’agression par les enseignants sur les plans affectif, cognitif et physique. Il rassemble les données concernant les réactions de stress immédiates et post-immédiates à la confrontation avec l’élève, les manifestations psychotraumatiques ainsi que les formes cliniques et évolutives de la pathologie chronique, les répercussions matérielles de l’agression sur le plan professionnel, et enfin, la clinique liée au vécu de l’événement.
Il est consacré à une présentation du soutien social reçu des partenaires professionnels (le chef d’établissement, les collègues, l’inspecteur d’académie, le directeur des ressources humaines...), des proches (le conjoint, les enfants, les parents, les amis...), et de la société (l’élève agresseur et ses parents, les élèves et les parents d’élèves, la police et la justice, les médecins, les journalistes...). Il s’attache également à décrire la manière dont ont été ressenties par les enseignants ces différentes marques de soutien.
Il vise à dresser l’inventaire des stratégies de coping déployées par l’enseignant pour faire face à l’événement qui s’impose à lui, en en distinguant les différents moments et aspects stressants : l’agression et ses phases de pré-, péri- et post-confrontation, le manque de soutien social de la hiérarchie et la symptomatologie traumatique.
Il rend compte de l’image et des sentiments que l’enseignant a vis-à-vis de l’élève qui l’a agressé. Il expose également les représentations de ces enseignants par rapport à deux portraits-robots qu’il leur a été demandé de décrire : celui de « l’enseignant qui encoure le plus de risque de se faire agresser » et celui de « l’élève agresseur type ».