L’anxiété sociale

Ce qui pourrait être un plaisir provoque parfois gêne, si ce n’est souffrance, lorsqu’il s’agit d’échanger avec autrui.

Si vous êtes mal à l’aise en présence d’autrui, si vous ne pouvez entrer dans un magasin par crainte d’avoir affaire à un vendeur, si vous ne savez comment engager une conversation ou craignez d’ennuyer les gens, si vous éviter d’aller à une soirée de peur d’être mal vu, si vous trouvez des prétextes pour ne pas avoir à parler en public, si vous ne pouvez écrire, boire ou manger devant quelqu’un, si vous rougissez facilement et que votre cœur bat trop vite lorsqu’on vous adresse la parole pour vous demander votre avis… on peut parler d’anxiété sociale.

Le concept englobe la forme légère et surmontable qu’est la timidité et la forme sévère et paralysante qu’est la phobie sociale, avec tous les intermédiaires possibles et imaginables entre les deux.

5 catégories de situations sociales typiquement anxiogènes :
  • Situations de performance : passer un examen ou un entretien, faire une conférence, participer à un tour de table…
  • Situations d’observation : être (ou se croire) regardé en train de marcher, boire, manger, écrire…
  • Situation d’affirmation de soi : présenter son point de vue, ne pas être d’accord, défendre ses droits, négocier…
  • Situation de révélation de soi : faire connaissance avec quelqu’un, nouer une relation amicale ou sentimentale
  • Situations d’interactions superficielles : échange de banalités, avec un voisin, un commerçant, un collègue de travail…

On peut appréhender toutes ces situations ou seulement quelques-unes, par peur. Peur du regard d’autrui. Peur du jugement. Peur de décevoir. Peur de faire mauvaise impression. Peur de ne pas être aimé. Si ces situations peuvent être simplement délicates pour de nombreuses personnes, elles peuvent aussi être tellement pénibles à vivre qu’elles conduisent à adopter des comportements d’évitement inhibant et limitant qui donnent le sentiment de sous-vivre.

Parfois ce sont les groupes qui posent des difficultés, parfois les échanges individuels. Parfois les complications surviennent avec des personnes peu ou pas connues, parfois au contraire avec des personnes proches. Dans tous les cas, c’est le regard et le jugement d’autrui sur soi qui sont appréhendés.

En évitant certaines situations sociales, la personne qui souffre d’anxiété sociale ne fait qu’entretenir le problème. Dans l’évitement, il n’y a pas d’angoisse immédiate (oui, il y a quand même une once de logique dans tout cela !), mais il n’y a pas non plus d’apprentissage des habiletés sociales. La personne est alors confortée dans l’idée que c’est insurmontable et qu’elle n’est pas à la hauteur ; elle reste avec une image de soi désastreuse. Et au final, cela augmente son inquiétude pour la prochaine fois et la probabilité d’éviter à nouveau… Le cercle vicieux s’installe !

La solution se trouve dans l’exposition progressive aux situations sociales anxiogènes. Si éviter est un piège, vouloir aller trop vite en est un autre avec le risque d’augmenter l’angoisse – et l’évitement ultérieur, si l’expérience est traumatisante. Une exposition en douceur permet de prendre confiance en soi au fur et à mesure que les compétences sociales se développent.

A retenir : Les compétences que l’on acquière sont celles que l’on entraîne !