Savoir dire « non » !

Dans le cadre d’un refus, l’affirmation de soi vise deux objectifs :

  • ne pas faire quelque chose à ses dépens, parce que l’on n’ose pas refuser (ce qui reviendrait à adopter un comportement dit « passif »)
  • ne pas refuser trop brutalement au risque que la relation ne se détériore (ce qui reviendrait à adopter un comportement dit « agressif »)

Pour arriver facilement à ce résultat, il suffit de respecter quelques règles :

Écouter la demande ou la faire préciser si elle est floue. Inutile de se précipiter, il faut d’abord savoir ce que l’on attend de vous. Trop souvent, on s’engage avant même de savoir de quoi il s’agit !

– Est-ce que tu peux m’aider ?

– Je ne sais pas. De quoi s’agit-il ?

Verbaliser directement le refus, sans louvoyer.

Ne pas se justifier. Se justifier, c’est prendre le risque que votre interlocuteur utilise vos arguments en sa faveur ; surtout s’il a tendance à la manipulation et qu’il essaye de vous culpabiliser.

Être empathique.

J’aurais vraiment aimé vous rendre ce service, mais vraiment je ne peux pas. Je regrette.

Ne le prends pas mal s’il-te-plaît, mais ce n’est pas possible.

Je ne souhaite pas que nous nous fâchions, mais c’est non.

Utiliser le « disque rayé », si votre interlocuteur insiste. Il convient de répéter la même chose, sans ajouter de justification, sans changer d’argument, en se cantonnant à ce qui a déjà été dit et en restant empathique. Sans arguments auxquels se raccrocher, l’interlocuteur finit par renoncer.

– Je suis désolé(e), mais je ne vais pas pouvoir vous aider sur ce point.

– ….

– Je comprends bien que cela vous pose problème, mais vraiment je ne peux pas.

– …

– Je suis sincèrement désolé(e) de devoir refuser, mais vraiment je ne peux pas.

Aider son interlocuteur à trouver une alternative ou un compromis.

Est-ce urgent ? Peut-être pourrions-nous voir cela demain ; je serai alors plus disponible pour toi.

C’est ennuyeux. N’avez-vous pas d’autres possibilités ?

Terminer positivement et chaleureusement.

Je suis content(e) que nous ayons pu trouver un accord.

Je vous remercie de votre compréhension

J’aimerais vraiment que tu ne m’en veuilles pas. Crois-moi, je suis désolé(e).

Entraînez-vous avec un entourage de confiance et sur des choses à faible enjeu dans un premier temps. Peu à peu, vous acquerrez les bons réflexes.

L’anxiété sociale

Ce qui pourrait être un plaisir provoque parfois gêne, si ce n’est souffrance, lorsqu’il s’agit d’échanger avec autrui.

Si vous êtes mal à l’aise en présence d’autrui, si vous ne pouvez entrer dans un magasin par crainte d’avoir affaire à un vendeur, si vous ne savez comment engager une conversation ou craignez d’ennuyer les gens, si vous éviter d’aller à une soirée de peur d’être mal vu, si vous trouvez des prétextes pour ne pas avoir à parler en public, si vous ne pouvez écrire, boire ou manger devant quelqu’un, si vous rougissez facilement et que votre cœur bat trop vite lorsqu’on vous adresse la parole pour vous demander votre avis… on peut parler d’anxiété sociale.

Le concept englobe la forme légère et surmontable qu’est la timidité et la forme sévère et paralysante qu’est la phobie sociale, avec tous les intermédiaires possibles et imaginables entre les deux.

5 catégories de situations sociales typiquement anxiogènes :
  • Situations de performance : passer un examen ou un entretien, faire une conférence, participer à un tour de table…
  • Situations d’observation : être (ou se croire) regardé en train de marcher, boire, manger, écrire…
  • Situation d’affirmation de soi : présenter son point de vue, ne pas être d’accord, défendre ses droits, négocier…
  • Situation de révélation de soi : faire connaissance avec quelqu’un, nouer une relation amicale ou sentimentale
  • Situations d’interactions superficielles : échange de banalités, avec un voisin, un commerçant, un collègue de travail…

On peut appréhender toutes ces situations ou seulement quelques-unes, par peur. Peur du regard d’autrui. Peur du jugement. Peur de décevoir. Peur de faire mauvaise impression. Peur de ne pas être aimé. Si ces situations peuvent être simplement délicates pour de nombreuses personnes, elles peuvent aussi être tellement pénibles à vivre qu’elles conduisent à adopter des comportements d’évitement inhibant et limitant qui donnent le sentiment de sous-vivre.

Parfois ce sont les groupes qui posent des difficultés, parfois les échanges individuels. Parfois les complications surviennent avec des personnes peu ou pas connues, parfois au contraire avec des personnes proches. Dans tous les cas, c’est le regard et le jugement d’autrui sur soi qui sont appréhendés.

En évitant certaines situations sociales, la personne qui souffre d’anxiété sociale ne fait qu’entretenir le problème. Dans l’évitement, il n’y a pas d’angoisse immédiate (oui, il y a quand même une once de logique dans tout cela !), mais il n’y a pas non plus d’apprentissage des habiletés sociales. La personne est alors confortée dans l’idée que c’est insurmontable et qu’elle n’est pas à la hauteur ; elle reste avec une image de soi désastreuse. Et au final, cela augmente son inquiétude pour la prochaine fois et la probabilité d’éviter à nouveau… Le cercle vicieux s’installe !

La solution se trouve dans l’exposition progressive aux situations sociales anxiogènes. Si éviter est un piège, vouloir aller trop vite en est un autre avec le risque d’augmenter l’angoisse – et l’évitement ultérieur, si l’expérience est traumatisante. Une exposition en douceur permet de prendre confiance en soi au fur et à mesure que les compétences sociales se développent.

A retenir : Les compétences que l’on acquière sont celles que l’on entraîne !